Eric Lançon : eau à PMA, fin de mandat en immersion, l’eau n’est pas une marchandise

Eric Lançon (photo Eric Lançon)

Eric Lançon, candidat à l’Election municipale 2020 à Montbéliard liste “Montbéliard en commun, écologique et solidaire”, s’exprime sur la gestion de l’eau dans le Pays de Montbéliard :

C’est, sans aucune hésitation, que jeudi 30 janvier 2020 je m’opposerai, comme je l’ai toujours fait, à la privatisation de l’eau et de l’assainissement. En 2015, lors de la reconduction du contrat de PMA 29 avec Véolia, j’avais déjà voté pour un retour en régie. En décembre 2019, je faisais partie des 4 élus opposés à une privatisation de l’eau. Mme Biguinet a voté pour la privatisation comme en 2015. M. Le Député Sommer après avoir voté la poursuite de la privatisation de l’eau en 2015 est sorti de l’assemblée en 2019 et a refusé de voter.

Ma décision de m’opposer était, et reste, motivée par les arguments suivants : le refus de me compromettre dans une étude orientée, commandée pour 450 000 €, prenant fait et cause pour la privatisation tout en disqualifiant le service public ; ma conviction que l’eau ne peut pas devenir une marchandise car elle reste la source de vie et la condition de son existence ; demander aux habitants de voter lors des élections impose aux élus de montrer l’exemple. Les récents reportages sur le marché de l’eau dans le monde (17 décembre 2019 sur Arte) pointent fortement ces dérives et dénoncent “Le mariage entre la finance et l’eau qui a déjà commencé”. Conserver l’eau dans le domaine public n’a pas de couleur politique mais appartient à nos communs. À Nice, M. Estrosi (LR) a résolument opté pour une régie de l’eau (service public). A Belfort et à Besançon, le service public assure la gestion de l’eau et de l’assainissement sans difficulté. C’est l’expression d’une volonté politique forte de conserver un bien commun. Cette volonté n’est pas partagée par M. Le Président de PMA qui pour la 2ème fois en quelques semaines veut faire passer au forceps cette délibération.

Obligé par M. Le Préfet de faire confirmer le vote du 12 décembre 2019, M. Demouge a déjà signé avec Véolia avant même que le conseil vote ce jeudi. Chacun peut mesurer la considération que porte le président à l’ensemble des élus de l’agglomération. Et pour compléter le tout, sans aucune concertation, un nouveau rapport retire la délégation de compétence sur l’eau et l’assainissement aux 5 syndicats existants. Cette mesure représente le 2ème affront subi par les élus des 43 nouvelles communes de l’agglomération. La démocratie ne sort pas grandie de ces approximations, de cet affrontement avec les services de l’état, de ces refus de vote. Ne nous étonnons pas que les habitants se détournent de ces pratiques politiciennes ou se réfugient dans l’extrême droite“.