En Bourgogne-Franche-Comté, 16 000 personnes ont de très hauts revenus tirés surtout d’une activité non salariée ou de leur patrimoine

(photo d'illustration)

En 2017, 15 690 personnes disposent de très hauts revenus en Bourgogne-Franche-Comté, et comptent ainsi parmi les 1% les plus aisées de la population française. Vivant dans 7 030 ménages, elles perçoivent un revenu initial supérieur à 9 060 € par mois et par unité de consommation (UC). Cela correspond par exemple, à 9 060 € pour une personne seule et à 13 590 € pour un couple sans enfant. Les personnes à très hauts revenus ne représentent qu’une faible part de la population régionale, 0,6%, ce qui classe la Bourgogne-Franche-Comté au 9ème rang des régions métropolitaines. En fait, près de 43% des bénéficiaires de très hauts revenus vivant en France résident en Île-de-France. Les personnes “très aisées”, qui font partie des 0,1% les plus riches de la population française, sont peu nombreuses dans la région : 1 170, soit 0,04 % de la population. Au sein de 580 ménages, elles disposent d’un revenu initial supérieur à 22 360 € par mois et par UC.

Davantage de très hauts revenus dans les agglomérations, les zones viticoles et le long de la frontière suisse

Les personnes à très hauts revenus sont plus nombreuses dans les grandes agglomérations. Ces zones urbaines offrent davantage d’emplois bien rémunérés, comme ceux de cadres : 40% des bénéficiaires de très hauts revenus de Bourgogne-Franche-Comté résident ainsi dans les huit intercommunalités sièges des préfectures départementales. Dijon Métropole en regroupe la plus forte proportion. Les emplois de cadres y sont particulièrement nombreux, 19% de l’emploi contre 12% dans l’ensemble de la région. Les bénéficiaires de très hauts revenus sont également très présents dans les zones viticoles, surtout dans les territoires où le vignoble est renommé et donc bien valorisé, comme les Côtes de Nuits et Côtes de Beaune, le Chablisien, le Chalonnais et le Mâconnais. Ils résident aussi plus souvent près de la frontière suisse. Un grand nombre de travailleurs frontaliers y vivent, souvent très bien rémunérés. Ainsi, plus d’1% de la population des intercommunalités de Morteau et de Pontarlier dispose de très hauts revenus.

Des revenus élevés tirés des activités non salariées et du patrimoine

Les personnes touchant de très hauts revenus perçoivent plus souvent que les autres des revenus d’activités non salariées et du patrimoine. Tout particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté, les revenus d’activités non salariées constituent 28% des ressources des personnes à très hauts revenus contre 18% en France métropolitaine. Ceci peut tenir pour partie aux revenus agricoles élevés tirés de la viticulture. Les revenus du patrimoine (revenus d’actifs mobiliers et immobiliers, revenus financiers…) constituent également une part importante de leurs ressources, 26% de leurs revenus contre 7% pour l’ensemble des ménages de la région. Même si les activités salariées sont leurs ressources principales, elles ne constituent toutefois que 35% de leur revenu, soit nettement moins que pour leurs homologues métropolitains (46%). Ceci peut être relié à la moindre présence d’emplois de cadres dans la région.

Un revenu initial six fois supérieur à celui de la population régionale

La moitié des personnes à très hauts revenus de la région perçoivent un revenu initial mensuel par UC supérieur à 11 730 €, soit six fois le revenu médian de l’ensemble de la population régionale. Du fait du barème progressif de l’impôt sur le revenu, les bénéficiaires de très hauts revenus contribuent davantage aux impôts directs : ils s’acquittent de 8% du montant total recueilli pour cet impôt dans la région, alors qu’ils ne représentent que 0,6% de la population. En conséquence, après paiement des impôts directs et versement des prestations sociales (anecdotique pour cette population), l’écart entre eux et l’ensemble de la population se réduit. La moitié des personnes à très hauts revenus bénéficient alors d’un niveau de vie mensuel supérieur à 8 520 € par UC, cinq fois plus que l’ensemble de la population.

Des seniors, des couples sans enfant et des propriétaires

Les bénéficiaires de très hauts revenus ont capté durant leur parcours de vie quantité de ressources : 69% des référents des ménages concernés sont âgés de 50 à 75 ans, soit bien davantage que l’ensemble des ménages de la région (45%). L’avancée en âge s’accompagne d’une progression de carrière et du salaire, d’une accumulation de biens, et d’une plus forte probabilité d’hériter d’un patrimoine procurant un revenu supplémentaire. Par ailleurs, plus des deux tiers des ménages à très hauts revenus de la région sont en couple. En raison de leur âge, la majorité d’entre eux n’ont pas d’enfant à charge. Les couples sans enfant constituent ainsi 42% des ménages à très hauts revenus contre 27% de l’ensemble des ménages. Les femmes seules sont en revanche peu concernées, respectivement 10% contre 20%. Enfin, la quasi-totalité des ménages à très hauts revenus sont propriétaires (91%), bien plus que l’ensemble des ménages de la région (65%). Leur aisance financière leur permet d’accéder plus facilement à la propriété. Au titre de leur poste, certains peuvent aussi parfois bénéficier d’un logement fourni gratuitement par l’employeur, logement de fonction ou avantage en nature.

Plus nombreux et plus riches en Côte-d’Or

Avec 0,8% de sa population, la Côte-d’Or est le département de la région qui présente la plus forte part de bénéficiaires de très hauts revenus. Ceux-ci y sont plus âgés : dans 13% des cas, le référent a 75 ans ou plus. Ils tirent logiquement davantage leurs ressources de revenus du patrimoine (29% des revenus). Le Doubs regroupe 0,6% de personnes à très hauts revenus. C’est le département où leurs ressources dépendent le moins des revenus du patrimoine (22%). Elles y sont un peu moins âgées : 9% des référents ont moins de 40 ans contre 7% en Bourgogne-Franche-Comté. Plus souvent actifs, ce sont vraisemblablement des cadres, des chefs d’entreprise ou des frontaliers. Enfin, c’est en Haute-Saône et dans la Nièvre que la présence de personnes à très hauts revenus est la plus modeste (0,4% de la population). Dans la Nièvre, les activités non salariées contribuent davantage aux ressources des ménages à très hauts revenus que les activités salariées, respectivement 35% et 31% du revenu initial.

(texte Insee, Hugo Andrieu, Amandine Ulrich)