Gestion de l’eau dans l’agglomération du Pays de Montbéliard : réactions d’élus suite au vote en faveur de Véolia

(photo d'illustration)

Lors du Conseil de communauté de Pays de Montbéliard Agglomération du jeudi 12 décembre 2019 (notre info du 12/12/2019), les élus ont voté pour la gestion de l’eau en Délégation de Service Public (DSP) après plus de 5 heures de débats, parfois houleux (notre info du 12/12/2019). Le contrat de DSP est prévu d’être signé en mars 2020 avec Véolia. Réactions d’élus communautaires :

Marie-Noëlle Biguinet (Montbéliard) : “Cette question est en cours depuis deux ans avec x réunions et l’opposition avance aujourd’hui une nouvelle raison pour reporter la décision : l’étude comparative régie/Véolia a été faite par une société proche de Veolia, il aurait fallu en faire une autre en plus par un consultant choisi par l’opposition. Cela aurait en effet pu être une solution, même si cette dernière société aurait aussi été mise en cause, cette fois-ci pour “proximité avec la gauche”. Mais surtout, 15 jours avant la date butée, ça n’est pas possible. C’est malgré tout bien dommage de ne pas y avoir pensé avant. Il est donc évident qu’on a pas choisi la meilleure méthode de travail, car la solution parait assez évidente et qu’elle aurait du faire une quasi unanimité. Jugez en : Véolia va investir 10 millions d’Euros de ses fonds propres en conservant des prix toujours inférieurs a la Régie, de -2€ pendant 3 ans et -0,2 € ensuite. La décision, évidente donc, de choisir Véolia a été prise“.

Eric Lançon (Montbéliard) : “Jeudi à Pays de Montbéliard Agglomération, le mode de gestion de l’eau et de l’assainissement a été voté. C’est Véolia, entreprise privée, seul candidat, qui va pour les 10 prochaines années s’occuper de la ressource en eau, de sa gestion ainsi que de l’assainissement. J’ai voté contre, comme en décembre 2015 lors de la reconduction du contrat avec Véolia. Le rapport comparatif entre une gestion publique et une gestion privée est caricatural, orienté. Systématiquement, ce rapport dénigre le service public avec des arguments fallacieux“.

Nicolas Pacquot (Etouvans) : “Séance de conseil d’agglomération sur le choix du mode de gestion de l’eau… Public ou privé ? J’ai été littéralement choqué d’entendre de la bouche même du Président d’une agglomération employant près de 650 agents que le taux d’absentéisme culmine à 15% dans certains services ! C’est quelque chose qu’on peut à la rigueur se dire entre nous en début de mandat, pour se rassurer sur l’incompétence de ses prédécesseurs, mais pas après plusieurs années aux manettes ! L’absentéisme n’est ni structurel, ni une fatalité : le management en est la pierre angulaire, de nombreuses études le démontrent. En outre, assener cela en séance publique de façon aussi décomplexée n’est que de nature à dégrader un peu plus le climat social et de facto le taux d’absentéisme ! “Avec un chef on obéit, avec un manager on réfléchit, avec un leader on grandit…“”.

Martial Bourquin (Audincourt) : “Jeudi soir, c’est toute la grande Agglomération du Pays de Montbéliard qui a perdu lors de ce débat sur l’eau et l’assainissement. Le Président Demouge a voulu un passage en force, sans recherche de consensus voire même en créant un clivage inutile et imaginaire entre ruraux et urbains. Cette séquence risque de laisser des traces pour l’avenir. Nous avons effectivement assisté à une vraie supercherie, à un faux débat démocratique. Et les doutes émis à la fois concernant à la fois l’impartialité de l’étude menée par Artélia, qui je le réaffirme, a été une filiale de la Générale des Eaux devenue Véolia et sur les risques soulignés par rapport à la légalité de cette délibération auraient dû permettre un report de ce vote afin de chercher un consensus. Les conclusions de l’étude menée par Artélia affirment que le prix de l’eau sur les premières années serait de 2 euros plus cher en cas de régie, 20 centimes en 2026 si l’eau était gérée en régie. Or, un ensemble de remarques techniques remettent en cause ces conclusions : que ce soit au niveau du taux d’emprunt ou du calcul du nombre d’ETP nécessaires nous avons démontré hier soir que les chiffres pris en compte sont systématiquement en défaveur de la régie et surtout sans fondement. Comment expliquer que les régies qui nous entourent que ce soit à Belfort ou à Besançon ont un prix de l’eau inférieur et surtout que cette eau est de bien meilleure qualité? J’aurais d’ailleurs aimé que l’on calcule la baisse substantielle sur les dépenses des ménages si ceux-ci pouvaient consommer l’eau du robinet plutôt que d’acheter des bouteilles en plastique. Mais sincèrement de qui se moque t-on avec cette étude ? Pourquoi ne pas avoir demandé à France Eau Publique (qui regroupe des élus de toute tendance politique confondue) de faire une seconde étude qui aurait coûté beaucoup moins chère ? Nous aurions pu ensuite sereinement choisir entre ces deux études avec un vrai débat de fond ? Comment peut-on ne pas tenir compte des avertissements du contrôle de légalité et remettre en cause avec cette suffisance déplacée le représentant de l’Etat ? Comment peut-on entendre ces attaques inadmissibles sur les élus ? Mais le Président Demouge a choisi l’affrontement et le passage en force en fracturant notre assemblée. Il a fait un beau cadeau de Noël à Véolia qui peut sabrer le champagne ! Je regrette profondément ce type de gouvernance car elle ne fait pas gagner notre territoire. Il devrions penser consensus, collaboration et débat démocratique lorsqu’il y a désaccord. Pays de Montbéliard Agglomération a besoin de sérénité pour pouvoir évoluer et retrouver toute sa place dans l’aire urbaine, dans notre Département, dans notre Région“.