Grève des avocats de Montbéliard du vendredi 30 mars 2018

(photo Facebook "Ordre des Avocats de Montbeliard")

Les avocats de Montbéliard étaient en grève ce vendredi 30 mars 2018, comme le mercredi 21 mars 2018 (notre info du 21/03/2018), et ont manifesté devant le Tribunal de Montbéliard :

Il faut défendre le Service public de la Justice. Ce qui se trame, bien que cela ne soit guère relayé dans les médias, c’est une privatisation d’un fondement de la démocratie et une atteinte au Droit des Citoyens. C’est la raison pour laquelle à travers la France entière les avocats se mobilisent contre la casse du service public de la justice et sa privatisation. Cela concerne tous les citoyens, ce n’est pas un combat d’arrière garde de nantis, qui sont loin de l’être mais c’est une autre histoire, dans une France qui possède un budget de la Justice inférieur à celui de l’Azerbaïdjan ! Le justiciable ne rencontrera plus son juge, ni dans la cadre de la procédure de divorce pour laquelle I’audience de conciliation est supprimée, ni pour voir modifier le montant de la pension alimentaire qui serait confiée à la CAF, ni pour les petits litiges du quotidien pour lesquels la procédure sera entièrement dématérialisée et sans audience, justice prédictive par algorithmes vendue à des sociétés privées, ni en matière pénale où le recours à la visio-audience est généralisé. Où se trouve I’humanité ? Où se trouvent les victimes ?

Le projet instaure une véritable privatisation de la justice avec une plateforme de résolution en ligne des litiges confiés à des entreprises privées sans garantie de compétence ni d’impartialité. En matière pénale, le projet marque une nouvelle régression des droits de la défense et des libertés publiques, notamment par un élargissement considérable des interceptions de communication, la régression du débat judiciaire devant le tribunal criminel au cours duquel l’oralité sera sacrifiée au profit de la célérité, la généralisation du juge unique. Le viol est considéré comme un crime mineur, il ne sera plus jugé par une cour d’assises !

Enfin, si officiellement les cours d’appel et les tribunaux de grande instance ne sont pas supprimés, la spécialisation des contentieux et la suppression des tribunaux d’instance conduisent à la création de juridictions détachées de seconde zone et ouvrent la voie, à terme, à des suppressions d’implantations locales des juridictions. Plus d’accès à la justice pour les plus démunis, ceux qui ne pourront pas écrire ou saisir un juge par internet.

Ce projet participe à une véritable casse du service public de la justice. C’est la vision de notre avenir ? Ce projet concerne notre Société et nous concerne tous, mobilisez-vous ! C’est bien malheureux qu’il faille encore descendre aboyer dans la rue pour défendre nos droits“.