PMA, Groupe I&S : 500 000 € d’argent public pour la location longue durée de 120 vélos

Le groupe “Indépendants et Solidaires” siégeant à Pays de Montbéliard Agglomération s’exprime :

Loin de contester la nécessité de promouvoir les modes de déplacements doux et notamment le développement de pistes cyclables, nous avons dénoncé l’enveloppe de près de 500 000 € d’argent public pour la location longue durée de 120 vélos. Une enveloppe qui, compte tenu de l’effet d’aubaine, risque de ne bénéficier qu’à 120 usagers… 1 habitant sur 1 175 ! Ces vélos d’une valeur unitaire de 1 600 € coûteront à la collectivité et à l’usager entre 4 720 et 5 863 €. Plus du triple !

Le groupe “Indépendants et Solidaires” a été publiquement mis en cause sur le vote d’une majorité de ses membres contre la levée de l’option 03 Vélo du contrat de DSP Mobilité lors du Conseil d’Agglomération du jeudi 11 mars 2021. Les accusateurs titrent sobrement “Groupe I&S, l’aveuglement politicien plutôt que les habitants”… Jugez plutôt? L’option 03 Vélo proposée par le délégataire représente un cout sur  3 ans de 487 599 €, soit 4 063 € d’argent public par vélo, auquel il convient d’ajouter le coût pour l’usager sur 3 ans : 657 € si abonnement Evolity ou à défaut d’abonnement 960 €.

Près de 500 000 € pour 120 vélos et très certainement pour 120 habitants seulement. Car il ne s’agit pas de vélos en libre-service, mais bien en location longue durée à destination d’une poignée d’habitants. On nous a vendu cette opération comme un “essayer avant d’acheter”.  Or, avec un montant de 657 € sur 3 ans (pour un abonné), la mesure est-elle réellement incitative ? Ne risque-t-on pas de constater des locations longues durées confisquées par 120 personnes qui, au passage, avaient peut-être les moyens d’acquérir directement. Au final, à qui s’adresse cette proposition ? Comment s’assurer que ces vélos ne serviront pas pour des activités de loisirs, ou pire ne finiront pas dans une résidence secondaire… Le prix moyen de location d’une seule journée de vélo électrique est de 45 €, de vrais effets d’aubaine sont à redouter !

Nous aurions pu par exemple limiter la période de location longue durée à 1 mois, ce qui aurait permis d’en faire bénéficier plus de 4 000 personnes pour le même coût pour la collectivité. Et/ou proposer une aide à l’acquisition de 500 €, et permettre ainsi la mise en circulation de 1 000 vélos électriques sur notre territoire ! Ce que nous dénonçons c’est cette politique de saupoudrage, voire de poudre aux yeux ! Pour chaque euro d’argent public investi, il convient de mesurer le retour sur investissement en termes d’attractivité du territoire, avec des services qui profitent au plus grand nombre.

Pas à 1 habitant sur 1 175 ! Aveuglement plutôt qu’intérêt des habitants, disiez-vous ? Par exemple nous pourrions rapprocher ces 162 533 € annuels des 150 000 € demandés unanimement par l’unanimité des membres de la commission Tourisme, pour porter des actions ambitieuses et dont une partie était fléchée pour… renouveler son parc vélo !

Certains nous répondront que ce ne sont pas les mêmes budgets, mais le budget général, tout comme le budget transport sont déficitaires : ils contribuent tous deux à creuser un peu plus la dette cumulée de plus de 150 millions d’Euros. Nous ne remettons pas en cause l’intérêt et même la nécessité des modes de déplacement doux.

Non, nous n’avons pas voté contre ce rapport car il était porté par Damien Charlet, un élu de la majorité de Charles Demouge. C’est la preuve que nous étudions chaque sujet, attentivement, et toujours dans le sens de l’intérêt communautaire. Peut-on en dire autant des rapporteurs de cette proposition ? On peut s’interroger si l’on analyse les chiffres, déconnectés de tout sens des réalités, avec un coût de revient délirant par vélo. Le prix moyen d’un vélo électrique citadin de marque Peugeot est de 1600 €.

Hypothèse basse de chiffre d’affaires pour le délégataire, avec un coût annuel de location pour les abonnés Evolity de 219 €. Coût de l’option pour PMA sur les 3 années d’amortissement : 487 599 €. Coût versé par les usagers sur 3 ans : 78 840 €. Soit un chiffre d’affaires sur 3 ans de 566 439 € pour 120 vélos, soit 4 720 € par vélo.
Hypothèse haute de chiffre d’affaires pour le délégataire, avec le coût mensuel de la location de 50 €. Coût de l’option pour PMA sur les 3 années d’amortissement : 487 599 €. Coût versé par les usagers sur 3 ans : 216 000 €. Soit un chiffre d’affaires sur 3 ans de 703 599 € pour 120 vélos, soit 5 863 € par vélo.
Cela revient donc à un coût de gestion et de maintenance entre 3 120 et 4 263 € par vélo, à ajouter au prix d’acquisition de 1600 € du vélo par le délégataire ! Plus du double du prix du vélo !

C’est cette aberration que nous dénoncions sans même parler de pistes cyclables sécurisées en agglomération qu’il faudrait mettre en place avant même de lever ce genre d’option. C’est ce qui pourrait s’appeler mettre la charrue avant les bœufs, sauf qu’au vu des chiffres, il s’agit là d’un carrosse“.