Matthieu Bloch, Maire de Colombier-Fontaine, écrit au Premier Ministre pour les commerçants

Matthieu Bloch, Maire de Colombier-Fontaine, Délégué Les Républicains de la 3ème Circonscription du Doubs (photo Facebook Matthieu Bloch)

Matthieu Bloch, Maire de Colombier-Fontaine, a écrit au Premier Ministre Jean Castex au sujet de la situation des commerçants face au 2ème confinement lié au Coronavirus Covid-19 :

“(…) Le Président de la République, afin de stopper la recrudescence de l’épidémie de COVID 19 dans notre pays vient de décider un nouveau confinement. Cette décision, que je ne conteste absolument pas, vise à limiter les déplacements et les rassemblements, et ainsi éviter de saturer nos hôpitaux, et notamment les services de réanimation.

Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous faire part de la très vive inquiétude des commerçants de ma commune, dont les commerces sont considérés par le dernier décret comme “non essentiels”. Ces commerces ont déjà rencontré de très grandes difficultés de trésorerie lors du premier confinement et cette seconde fermeture imposée pourrait leur être fatale. Outre les réelles inquiétudes économiques de ces commerçants, les sentiments légitimes d’iniquité et d’injustice qui les animent sont vifs.

Comment justifier que les grandes surfaces appartenant à des groupes économiques puissants puissent continuer à vendre des fleurs, des livres, des vêtements, etc… alors que nos petits commerces de centre bourg sont contraints de baisser leurs rideaux ? Comment expliquer à des commerçants qui depuis des mois se sont adaptés et ont su mettre en place des protocoles sanitaires stricts qu’ils représentent d’avantage un risque que les grandes surfaces où les clients s’entassent lors des passages en caisse ?

Monsieur le Premier Ministre, à la veille des fêtes de fin d’année qui représentent une part importante des chiffres d’affaires de ces commerces, on voudrait tuer nos centres villes que l’on ne s’y prendrait pas autrement ! Dès lors, il serait plus que souhaitable que votre gouvernement modifie les conditions d’ouverture des magasins dans un respect d’égalité, d’équité mais aussi et surtout pour sauver nos petits commerçants et nos centres bourgs. Une coiffeuse pourrait poursuivre son activité sur rendez-vous, sans créer aucun nouveau risque sanitaire, une fleuriste pourrait admettre un seul client à la fois dans sa boutique…

Depuis quelques heures, de nombreux Maires prennent des arrêtés pour autoriser l’ouverture de ces commerces. Il est évident que ces arrêtés se heurteront rapidement à des demandes de référés suspensifs des Préfets sur la base d’une inégalité dans la hiérarchie des normes. Mes collègues Maires en ont pleinement conscience et leurs initiatives relèvent uniquement d’une volonté de pérenniser les petits commerces de leurs communes, et non d’entrer en rébellion contre l’Etat. Plutôt que de prendre un tel arrêté, j’ai préféré aujourd’hui prendre ma plume et j’espère sincèrement que vous serez sensibles à ces appels venus des élus de toute la France.

Monsieur le Premier Ministre, restons unis et solidaires, préservons-nous du COVID 19 mais sauvons également nos commerçants qui sont au bord de la faillite après très souvent une vie de labeur. (…)”.