Frédéric Barbier : “Faire entendre la voix des habitants de mon territoire”

Frédéric Barbier, Député de la 4ème Circonscription du Doubs (photo Facebook "Frédéric Barbier")

Frédéric Barbier, Député de la 4ème Circonscription du Doubs, s’exprime sur le mouvement des “gilets jaunes” :

La cocotte-minute qui mijotait depuis plus de 30 ans a explosé provoquant dans tout le pays des brasiers de protestation. Les gilets jaunes sont l’expression de cette France invisible qui s’inquiète quant à son quotidien et à son avenir, a le sentiment de ne plus compter, d’être oubliée ou pire d’être déclassée, de ne plus être au centre des préoccupations. Se revendiquer gilets jaunes, c’est donc exister à nouveau, c’est retrouver un sentiment d’appartenance à la société, c’est sortir de l’ombre, c’est avoir droit au chapitre, à la parole. Une parole qui doit non seulement être écoutée mais surtout entendue.

A ce titre, j’ai à plusieurs reprises porté la voix de ma circonscription auprès du Gouvernement en l’alertant, en tentant d’infléchir des politiques qui me semblaient injustes et qui créaient selon moi des inégalités. J’ai fait des propositions concrètes pour défendre les intérêts de mes compatriotes ? même si elles ont pu m’attirer des remontrances de la majorité. C’est ma conception de la mission d’un député.

Concernant la revendication préalable des gilets jaunes qui portait sur l’annulation de l’augmentation des carburants en 2019, elle a été acceptée par le Gouvernement et le Chef de l’État. C’est un pas positif qui devrait permettre de rentrer dans une phase essentielle de concertations et de négociations. Je n’ai pas attendu ces décisions. Dès le début du conflit, j’ai rencontré des représentants des gilets jaunes, et je poursuis cette démarche engagée, aujourd’hui avec ceux de Noirefontaine et demain avec ceux de Voujeaucourt et Pont de Roide-Vermondans, en présence des maires concernés. La meilleure arme à toute résolution d’un conflit est selon moi le dialogue. Un dialogue qui ne doit pas être accaparé par les élites mais ouvert aux corps intermédiaires, aux associations, aux ONG et à toute la société civile.

Je soutiens d’ailleurs la proposition de l’association des Maires ruraux de France qui souhaitent donner à leurs administrés la possibilité d’aller s’exprimer en Mairie. Pour m’inscrire dans cette démarche de concertation indispensable, où tout doit être mis sur la table, je prends l’initiative de tenir du 15 décembre 2018 au 15 février 2019, dans toutes les communes de ma circonscription, des permanences qui se veulent libres, constructives, au-delà des clivages politiques et dont l’objectif sera de recevoir celles et ceux qui souhaitent contribuer par leur vécu et leurs propositions à l’élaboration d’une nouvelle orientation politique qui devra apporter des réponses aux injustices fiscales et sociales. Bien entendu, les maires des communes seront associés à cette démarche.

Enfin, les différentes parties prenantes seront invitées à rédiger une synthèse de l’ensemble des éléments collectés que je présenterai au niveau du territoire pour être ensuite portée au plus haut niveau de l’Etat. Il ne s’agit pas juste de tenter de désamorcer les colères qui se sont exprimées ces dernières semaines, mais d’instaurer véritablement une nouvelle vie citoyenne sur nos territoires, une nouvelle façon de faire de la politique, celle qui organise le vivre ensemble, celle qui fait que chacune et chacun trouve sa place dans la société, en étant force de proposition, en étant entendu et dont l’avis est pris en compte“.