Le Saint-Martin, 30 ans de passion à Montbéliard

Christine et Olivier Prévot-Carme ont atterri à Montbéliard par hasard en avril 1986. Par hasard, car Olivier Prévot-Carme, 25 ans, cuisinier à Menton dans le sud de la France, cherchait sa première affaire pour se mettre à son compte. Et c’est par une annonce qu’il reprend en location-gérance le restaurant “le Bistrot au bœuf” à l’angle de la Place Saint-Martin à Montbéliard. “Montbéliard ? Je ne savais même pas où c’était, pour nous, c’était une première affaire pour commencer et aller ailleurs ensuite”, nous confie le restaurateur. Cependant, quatre ans plus tard, le couple rachète les lieux et le baptise “le Saint-Martin”.

Aujourd’hui, 30 années se sont écoulées, Christine et Olivier ne sont toujours pas partis de Montbéliard. “La ville et les gens sont attachants, nous ne sommes pas partis de Montbéliard rapidement comme initialement prévu”, explique le chef. De toutes ces années, avec des hauts et des bas comme tout le monde, le plus beau souvenir reste bien entendu l’Etoile reçue du prestigieux Guide Michelin en 2008. “Je n’ai jamais eu l’objectif de recevoir une telle distinction, mais j’avoue que le jour où j’ai appris la nouvelle, par une employée qui l’avait entendu à la radio, j’ai versé ma larme, et j’ai repris mes casseroles”, réplique Olivier Prévot-Carme.

Mais comment une telle longévité perdure ? Par la passion, les relations humaines tant au niveau clientèle que personnel, et le goût des produits. Olivier Prévot-Carme nous confie que son plus grand plaisir est de former des jeunes, leur transmettre son savoir : “Ma passion pour la cuisine vient du fait que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour donner de l’émotion aux gens, je ne suis ni artiste, ni chanteur, mais j’aime écrire un tube en 10 minutes, travailler à l’instinct, et que mon public se régale. La cuisine est une éternelle remise en question”.

La vie, professionnelle et personnelle, est faite de hauts et de bas. Deux grandes difficultés sur ces trente années de Saint-Martin ont attristé le couple : un accident du chef en 2002 obligeant à fermer le restaurant durant six mois et surtout l’incendie de 2012 ravageant l’étage de leur immeuble. Olivier philosophe : “Les éléments extérieurs peuvent bloquer, freiner, c’est frustrant, mais nous avons toujours rebondis et reconstruits grâce, toujours, à l’humain. Nous avons eu durant cette épreuve des tonnes de soutien, de reconnaissance, d’aides, de patience de nos clients fidèles, c’est une force incroyable”.

Depuis 20 ans, le Saint-Martin est également traiteur, pour mariages et cérémonies, et aussi dans l’évènementiel comme au Stade Bonal et à l’Axone de Montbéliard. Depuis 14 ans, “la Poissonnerie du Coinot” appartient également à Christine et Olivier Prévot-Carme, opportunité de faire vivre un commerce local et également fournisseur du restaurant par la même occasion.

Mais avec tout ce temps consacré à son métier, qu’a un chef comme loisirs ? “Simplement me promener seul, dans la nature. J’ai un gout pour l’effort physique, sans contrainte, et pour trouver la liberté. C’est comme quand on me pose la question sur mon plat préféré, je réponds toujours que cela dépend avec qui je le partage, c’est ça la vie”.

infos > page Facebook le Saint-Martin Montbéliard ou www.le-saint-martin.fr