Le nombre de travailleurs frontaliers dans l’Arc jurassien franco-suisse a plus que triplé en vingt ans. Selon une nouvelle étude de l’Observatoire statistique de l’Arc jurassien (OSTAJ), près de 75 000 personnes traversent désormais la frontière pour travailler en Suisse ou dans l’Arc jurassien, contre 23 400 en 2006. Une croissance qui marque toutefois une pause depuis 2023, dans un contexte économique moins dynamique.
Près de 75 000 frontaliers au premier trimestre 2026
Au premier trimestre 2026, l’OSTAJ dénombre précisément 74 971 travailleurs frontaliers dans l’Arc jurassien. Parmi eux, environ 43 500 travaillent dans les territoires de coopération, soit près de 58 % de l’ensemble. L’étude souligne une progression particulièrement importante après la période Covid : le nombre de frontaliers est passé de 56 300 à 72 100 en seulement deux ans et demi. Depuis 2023, cette progression s’est toutefois ralentie, mettant fin à vingt années de hausse continue. Cette évolution s’accompagne également d’une transformation des secteurs d’activité. L’industrie, notamment l’horlogerie, demeure le premier secteur d’emploi des frontaliers dans l’Arc jurassien suisse, mais sa part relative a diminué de 46 % à 32 % en vingt ans. Cette baisse ne traduit pas un recul industriel, mais la progression plus rapide des activités de services. Les services destinés aux entreprises représentent désormais 15 % des emplois frontaliers, contre 6 % en 2006. Le secteur de la santé et du social est lui aussi en progression, passant de 8 % à 13 %. L’OSTAJ observe ainsi une diversification de l’emploi frontalier, qui rend les flux de travailleurs moins directement dépendants des cycles de l’industrie.
Les frontaliers viennent de plus loin
Le bassin de recrutement des entreprises suisses s’est également élargi. En 2026, 74 % des frontaliers résident dans une intercommunalité frontalière, contre 85 % en 2006. Parallèlement, 9 % vivent désormais en dehors des territoires de coopération historiques, alors qu’ils étaient moins de 3 % vingt ans auparavant. Le canton de Vaud concentre à lui seul près de 57 % de la croissance régionale, notamment grâce au développement de pôles spécialisés dans la recherche, les technologies médicales et la finance. Cette évolution traduit un élargissement géographique des mobilités : les employeurs suisses recrutent désormais dans un espace plus vaste et plus éloigné de la frontière.