La saucisse de Montbéliard a pris le dessus sur sa cousine de Morteau. Un changement qui peut surprendre tant la Morteau a longtemps occupé une place dominante dans la charcuterie franc-comtoise. Le sujet a d’ailleurs été rappelé ce samedi 19 septembre 2026 par Marie-Noëlle Biguinet, Maire de Montbéliard, lors de son discours inaugural des Journées Gourmandes de Montbéliard.
Les chiffres de production des deux spécialités bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP) montrent aujourd’hui un écart significatif. En 2025, la production de saucisse de Montbéliard a atteint environ 6 700 tonnes, contre un peu moins de 5 000 tonnes pour la saucisse de Morteau. La Montbéliard représente ainsi près de 1 750 tonnes supplémentaires.
Un renversement qui ne date pas de cette année
Ce dépassement n’est toutefois pas apparu en 2026. La tendance s’est inversée progressivement depuis plusieurs années. Alors que la Morteau était encore devant à la fin des années 2010, la Montbéliard a progressivement pris l’avantage avant de creuser l’écart. Plusieurs explications sont avancées par les professionnels de la filière. La Montbéliard, plus petite et généralement moins chère à l’achat, se prête notamment à une consommation quotidienne et toute l’année. La Morteau reste davantage associée aux plats traditionnels et à une consommation hivernale. Cette progression constitue un marqueur intéressant pour le Pays de Montbéliard. La saucisse locale, reconnaissable à sa forme légèrement courbée et à son diamètre plus réduit que celui de la Morteau, s’est imposée au fil des années bien au-delà de son territoire d’origine.
Un symbole mis à l’honneur aux Journées Gourmandes
C’est dans ce contexte que la saucisse de Montbéliard occupait naturellement une place particulière lors de l’ouverture des Journées Gourmandes de Montbéliard. En rappelant ce changement dans son discours inaugural, Marie-Noëlle Biguinet a souligné une évolution qui constitue aussi une forme de reconnaissance pour ce produit emblématique du territoire. Avec plusieurs milliers de tonnes produites chaque année, la Montbéliard n’est donc plus la « petite sœur » de la Morteau. Les chiffres témoignent désormais d’une position dominante en volume, tandis que les deux saucisses continuent de porter ensemble l’image gastronomique de la Franche-Comté. Pour Montbéliard, voir sa spécialité dépasser celle de Morteau constitue aussi une manière de rappeler que la gastronomie locale fait partie intégrante de l’identité du territoire.