Un homme de 58 ans s’est retranché à son domicile à Semondans ce vendredi 11 septembre 2026, après s’être emparé d’un fusil de chasse à canon scié et avoir menacé de tuer sa compagne et leur fils majeur, avant de retourner l’arme contre lui. Deux coups de feu ont été tirés à l’extérieur de l’habitation. Aucun blessé n’est à déplorer. Le quinquagénaire s’est finalement rendu vers 12h30 après plusieurs heures de négociations avec les forces spécialisées de la gendarmerie. Il a été placé en garde à vue.
Une femme appelle les gendarmes à 7h50
Le Procureur de la République par intérim de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, revient sur la chronologie des faits. « Le centre opérationnel de la gendarmerie du Doubs est appelé à 7h50 précisément par cette dame âgée d’une soixantaine d’années qui se trouve à son domicile sur la commune de Semondans et qui indique que son mari est dans un état de crise, de violence verbale et vient de s’emparer d’une arme qui est un fusil de chasse à canon scié juxtaposé« . Selon le procureur, la situation était particulièrement inquiétante dès l’appel aux secours. « Il menace de la tuer, de tuer leur fils majeur présent, un fils qui a une vingtaine d’années, et de retourner ensuite l’arme contre lui« , explique Paul-Edouard Lallois. Alors que la femme est toujours en communication avec le centre opérationnel de la gendarmerie, l’opératrice entend une première détonation. L’homme se trouve alors dans le jardin du pavillon. « La dame, elle, se trouve à ce moment-là sur le pas d’une porte-fenêtre, donc n’assiste pas directement à la scène« , précise le Procureur. Un deuxième coup de feu est ensuite tiré, toujours à l’extérieur du domicile. Aucun des deux tirs ne fait de victime. La femme et son fils parviennent finalement à s’extraire de l’habitation et sont mis en sécurité.
Un important dispositif de gendarmerie déployé
Face à la dangerosité de la situation, d’importants moyens sont immédiatement engagés. Les unités spécialisées de la compagnie de gendarmerie de Montbéliard assurent le bouclage du secteur et préparent différentes hypothèses d’intervention. Le PSIG de Montbéliard est renforcé par celui de Belfort, tandis que l’antenne GIGN de Dijon et les négociateurs régionaux de la gendarmerie sont mobilisés. Le travail des négociateurs permet d’abord à la femme et à son fils de sortir du domicile en toute sécurité. « Ils sont récupérés sains et saufs, sans aucune blessure physique, en état de choc bien évidemment, mais aucune blessure physique« , indique Paul-Edouard Lallois. Les négociations se poursuivent ensuite avec le quinquagénaire resté seul dans la maison. Elles aboutissent finalement vers 12h30. « Les négociateurs régionaux vont parvenir à obtenir la reddition de ce monsieur qui va donc se rendre sans difficulté, sans nouvel usage de l’arme et donc sans encombre pour les forces spécialisées de la gendarmerie« , détaille le Procureur.
Plusieurs armes retrouvées dans l’habitation
Une perquisition du domicile familial était toujours en cours dans l’après-midi. Les enquêteurs ont retrouvé dans le jardin l’arme utilisée lors des faits, un fusil de chasse à canon scié juxtaposé. « D’autres armes de chasse ont également été retrouvées dans d’autres parties de l’habitation« , précise le procureur. Elles doivent faire l’objet d’examens balistiques afin notamment de déterminer leur catégorie. Paul-Edouard Lallois s’est rendu sur place et a pu s’entretenir brièvement avec le mis en cause après sa reddition. Selon lui, l’homme ne semblait pas être sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. « Il paraissait calme mais déterminé« , décrit-il, ajoutant qu’il présentait « le faciès de quelqu’un de déterminé« . La femme et son fils, considérés comme les deux victimes, ont également été examinés sur place par une médecin légiste de l’hôpital Nord Franche-Comté. Ils ne présentent pas de blessure physique mais restent en état de choc. La femme devait ensuite être prise en charge par une psychologue spécialisée dans les situations de crise.
Une enquête ouverte pour violences et menaces de mort
Le quinquagénaire a été placé en garde à vue. La brigade de recherche de Montbéliard est chargée de la direction de l’enquête. Il est actuellement entendu pour des faits de violences avec arme par conjoint et de menaces de mort par conjoint, ainsi que pour des faits de violences avec arme et de menaces de mort à l’encontre de son fils majeur. La garde à vue doit permettre aux enquêteurs de poursuivre les investigations pendant 48 heures. Le procureur de la République par intérim indique qu’une nouvelle communication interviendra à son issue afin de préciser les suites judiciaires qui seront données à cette affaire.
Les premiers éléments recueillis orientent vers un contexte de séparation conjugale. « Tout cela va évidemment être affiné au cours de ces audits« , précise Paul-Edouard Lallois, qui souligne la gravité de la situation et le rôle déterminant des forces de l’ordre : « On est passé, je pense, à côté d’un carnage si nous n’avions pas eu l’intervention très efficace, très professionnelle des unités spécialisées de la gendarmerie« . Il estime que « leur réactivité, leur professionnalisme véritablement » ont permis d’aboutir à une issue sans blessé, alors que « compte tenu du caractère qui semblait bien déterminé de cet individu et des différentes armes à feu, des différents calibres qui se trouvaient sur place« , la situation aurait pu prendre une tout autre tournure.
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