C’est une nouvelle page des relations internationales de Montbéliard qui s’est écrite ce jeudi 3 septembre 2026 à l’Hôtel de Ville de Montbéliard. La Maire de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet, et le Maire de Saint-Charles (Etats-Unis), Daniel Borgmeyer, ont officiellement signé la charte de jumelage entre les deux villes, en présence des délégations américaine, française et allemande. Un rapprochement engagé dès 2022 et qui prend une résonance particulière cette année, alors que les États-Unis célèbrent le 250ème anniversaire de leur indépendance.
Pour Marie-Noëlle Biguinet, ce jumelage est d’abord l’aboutissement d’une volonté ancienne portée notamment par les responsables de Saint-Charles et par Mary Johnson, Présidente de l’association Sister Cities. « Elle a porté avec conviction, détermination, sans rien lâcher, le souhait de créer un lien privilégié avec les villes françaises« , a souligné la Maire de Montbéliard.
Le choix de Montbéliard n’est pas anodin. Saint-Charles, ville de plus de 74 000 habitants située dans le Missouri, a été fondée en 1769 par Louis Blanchette, un explorateur français venu du Canada. « Saint-Charles a su conserver et valoriser cet héritage français », a rappelé Marie-Noëlle Biguinet, évoquant notamment son architecture et son patrimoine historique. Cette histoire française est précisément l’un des points de rencontre entre les deux villes. Saint-Charles entretient par ailleurs depuis 30 ans un jumelage avec Ludwigsburg, elle-même ville jumelée avec Montbéliard. « Ces liens nous ont encouragés dans votre souhait d’écrire une nouvelle page de votre histoire internationale », a expliqué la maire.
Des échanges déjà bien réels
Le jumelage ne part donc pas d’une feuille blanche. Une lettre d’intention avait été signée en 2022 et plusieurs initiatives ont depuis vu le jour. C’est notamment le cas dans les établissements scolaires. Depuis septembre 2023, des élèves du collège Guynemer de Montbéliard correspondent avec ceux de St. Charles High School. Des lettres sont échangées plusieurs fois par an et des rencontres en visioconférence ont également été organisées. L’IUT de Montbéliard travaille de son côté à la mise en place d’échanges d’étudiants et d’études de cas communes dans le domaine du commerce. Le tourisme, les archives et la généalogie constituent également des terrains de coopération, notamment autour des nombreuses familles américaines et canadiennes cherchant leurs origines dans le Pays de Montbéliard. « À l’aide du numérique, la distance n’est plus un obstacle« , a insisté Marie-Noëlle Biguinet. Elle souhaite désormais que les établissements scolaires et les associations « fassent preuve d’audace et de créativité » pour multiplier les échanges, avant de pouvoir développer davantage les rencontres physiques. La charte signée ce jeudi prévoit ainsi de renforcer les échanges culturels et humains, mais aussi les coopérations dans l’éducation, la jeunesse, la culture, le tourisme et le patrimoine. La maire de Montbéliard souhaite également que le jumelage puisse ouvrir la voie à des échanges économiques.
« La diplomatie ne se fait pas seulement à travers les capitales« , Daniel Borgmeyer
Daniel Borgmeyer a, lui aussi, voulu dépasser la dimension symbolique de la cérémonie. « Ce moment porte une signification diplomatique et une signification humaine profonde« , a déclaré le Maire de Saint-Charles, pour qui ce jumelage repose sur « un engagement commun, une compréhension culturelle et une valeur durable d’un partenariat international« . L’élu américain a insisté sur le lien historique qui unit les deux territoires. « Nous sommes peut-être séparés par la distance, mais nous sommes connectés par notre histoire« , a-t-il déclaré devant les représentants montbéliardais.
Pour Daniel Borgmeyer, le jumelage doit surtout permettre de créer des relations directes entre les habitants. « Le jumelage est plus qu’un geste cérémonieux, c’est également un outil diplomatique et économique« , a-t-il affirmé. Et les possibilités sont nombreuses : étudiants, enseignants, artistes, entrepreneurs ou responsables municipaux sont appelés à pouvoir bénéficier de cette nouvelle relation. « La diplomatie ne se fait pas seulement à travers les capitales, elle se fait aussi à travers des communautés comme les nôtres« , a souligné le Maire de Saint-Charles. Une vision qui rejoint celle de Marie-Noëlle Biguinet : la charte doit servir de cadre à des projets concrets et permettre aux habitants de s’approprier progressivement cette relation.
Une année particulièrement symbolique
Le calendrier donne une dimension particulière à ce jumelage. En 2026, les États-Unis célèbrent le 250ème anniversaire de leur indépendance. Montbéliard participe à cette commémoration à travers le label « Freedom 250 », attribué par l’ambassade des États-Unis en France afin de valoriser les initiatives contribuant à renforcer les liens entre les deux pays. « C’est aussi un moment pour célébrer l’amitié durable entre la France et les États-Unis« , a rappelé Marie-Noëlle Biguinet.
La cérémonie de ce jeudi intervient également quelques jours avant un autre anniversaire : le 30ème anniversaire du jumelage entre Saint-Charles et Ludwigsburg, qui sera célébré le 6 septembre 2026 en Allemagne. Et le nouveau jumelage connaîtra rapidement un second temps fort. Montbéliard sera officiellement accueillie à Saint-Charles le 25 septembre prochain, avec une délégation conduite par Marie-Noëlle Biguinet. Une manière de donner immédiatement une dimension concrète à la signature réalisée ce jeudi. « Nous avons hâte d’accueillir vos citoyens de la même manière que vous nous avez accueillis, avec chaleur, générosité et amitié« , a promis Daniel Borgmeyer. Pour Mary Johnson, Présidente de Sister Cities, l’objectif est précisément de faire vivre cette relation au-delà des institutions. « La compréhension des uns et des autres grandit lorsque les gens se rencontrent, lorsque les cultures se mélangent« , a-t-elle expliqué.
Après la cérémonie officielle, les deux villes disposent désormais d’un cadre formel pour développer leurs relations. Reste à faire vivre ce jumelage sur le terrain, dans les écoles, les associations, les familles, les entreprises et les collectivités. Pour Marie-Noëlle Biguinet, l’ambition est claire : que cette signature soit « le départ d’une belle et longue histoire entre Montbéliard et Saint-Charles ».