Géraldine Grangier : « Je dénonce l’exportation illégale de fourrage vers la Suisse »

Géraldine Grangier (photo Géraldine Grangier)

Géraldine Grangier, Députée Rassemblement National de la 4ème circonscription du Doubs, communique :

« Le 13 août dernier, j’interpellais par courrier Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, sur la situation critique des agriculteurs de Franche-Comté face à la sécheresse, et notamment sur l’urgence à sécuriser l’alimentation des troupeaux face à l’explosion du coût du fourrage. Quelques jours plus tard, ce lundi 17 août 2026, mes craintes se voyaient tristement confirmées : la brigade de surveillance extérieure des douanes de Pontarlier interceptait aux Fourgs un transport illégal de fourrage en direction de la Suisse. Je dénonçais il y a quelques jours à peine, auprès de la Ministre, l’urgence à protéger nos éleveurs face à la pénurie de fourrage. Voilà qu’on découvre que certains n’hésitent pas à exporter clandestinement cette ressource vitale, pendant que nos agriculteurs puisent dans leurs stocks d’hiver et voient les prix s’envoler. C’est un scandale de plus qui vient s’ajouter à une crise déjà intenable.

Ce dossier n’est pas nouveau pour moi. Dès 2022, alertée par des agriculteurs de ma circonscription, j’avais dénoncé la concurrence déloyale exercée par des exploitants suisses candidats à l’exploitation de terres agricoles françaises, qui ne déclaraient jusqu’alors que leur foncier situé en France, sans mentionner leurs surfaces exploitées en Suisse, ce qui les rendait artificiellement prioritaires face aux agriculteurs français dans l’attribution des terres. J’avais interpellé le ministre de l’Agriculture par une question écrite, puis lors d’une Question Orale Sans Débat dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, et étais régulièrement intervenue sur ce sujet lors des débats agricoles du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Au printemps 2024, j’avais déposé une proposition de loi visant à contrôler l’achat des terres agricoles françaises par des investisseurs étrangers et à garantir la souveraineté alimentaire du pays, et avait porté plusieurs amendements en ce sens dans le cadre du projet de loi d’orientation agricole, tous rejetés par le gouvernement de l’époque. Mes démarches avaient toutefois abouti à une première avancée : sur intervention du Préfet du Doubs, les agriculteurs suisses candidats à l’exploitation d’une terre agricole française doivent désormais déclarer l’intégralité de leur foncier agricole, y compris en Suisse, dans leur dossier de demande d’autorisation d’exploiter.

Je salue la vigilance des services douaniers français et suisses, mais je rappelle que la réponse ne peut se limiter à la seule répression : garantir en priorité l’accès des éleveurs du Doubs aux ressources fourragères disponibles sur le territoire national ; obtenir enfin des réponses claires de la Ministre de l’Agriculture, restées à ce jour sans réponse précise ; renforcer les contrôles aux frontières sur l’ensemble des flux de fourrage et de paille ; défendre notre souveraineté alimentaire, mise à mal par des pratiques qui fragilisent nos filières d’élevage.

Nos agriculteurs traversent une crise sans précédent. J’attends désormais des réponses précises et rapides de la Ministre, à la hauteur de l’urgence que vivent nos éleveurs. Ce combat pour l’équité entre nos agriculteurs et leurs voisins suisses, je le mène depuis le début de mon mandat, et je ne le lâcherai pas« .