Refus d’obtempérer entre Audincourt et Grandvillars : le conducteur interpellé

(photo Autorités pour ToutMontbeliard.com)

Deux jours après la spectaculaire course-poursuite entre Audincourt et Grandvillars (notre info « Refus d’obtempérer à Audincourt : spectaculaire course-poursuite jusqu’à Grandvillars, le chauffard en fuite après avoir percuté une voiture de police« ), le conducteur de la Renault Clio noire a été identifié, interpellé et placé en garde à vue. Lors d’une conférence de presse ce vendredi 31 juillet 2026, le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, est revenu en détail sur les circonstances des faits, qu’il qualifie d’une gravité exceptionnelle. Le magistrat estime que cette affaire « sort de l’ordinaire par sa gravité très importante » et qu’elle « aurait pu se terminer en véritable drame« . Selon lui, les faits ne relèvent pas seulement d’un refus d’obtempérer mais également d’un acte de violence volontaire contre les forces de l’ordre.

Une course-poursuite de 25 kilomètres à près de 180 km/h

Les faits se sont déroulés mardi 29 juillet 2026 vers 15h30. Une patrouille de police souhaite contrôler une Renault Clio noire à Audincourt après avoir constaté une infraction au Code de la route. Le conducteur refuse immédiatement d’obtempérer, accélère, grille un stop puis prend la fuite. Après avoir emprunté l’autoroute A36, d’abord à contresens avant de faire demi-tour, le chauffard poursuit sa route vers le Territoire de Belfort. Selon le Procureur, les policiers ont atteint jusqu’à 180 km/h pour conserver le véhicule en vue, tandis que le conducteur multipliait les dépassements dangereux en zigzaguant entre les véhicules. Paul-Edouard Lallois assume pleinement la stratégie d’intervention des forces de l’ordre : « J’ai donné carte blanche volontairement aux policiers et aux gendarmes de mener la chasse aux auteurs de refus d’obtempérer et de rodéos motorisés. L’objectif est d’interpeller au plus vite et de faire cesser ces comportements particulièrement dangereux« .

Le choc contre la voiture de police considéré comme volontaire

La poursuite prend fin à l’entrée de Grandvillars (90-Territoire-de-Belfort), où les gendarmes arrivent en renfort. En voyant les militaires face à lui, le conducteur effectue un demi-tour sur un rond-point. Les policiers positionnent alors leur véhicule perpendiculairement à la chaussée pour empêcher sa fuite. Selon le Procureur, le conducteur « avait la possibilité de s’arrêter » ou d’emprunter une autre direction, mais « a choisi délibérément de foncer en direction du véhicule de police« . Le choc est particulièrement violent. L’avant droit de la Clio percute le côté passager de la voiture de police. Les airbags se déclenchent, une vitre explose et les deux fonctionnaires voient leurs têtes se heurter sous la violence de l’impact. « C’est un miracle que les policiers ne soient pas plus blessés que cela« , a insisté Paul-Edouard Lallois. Les deux policiers souffrent d’ecchymoses, de douleurs cervicales et l’un d’eux a subi un léger traumatisme crânien. Chacun s’est vu prescrire un jour d’incapacité totale de travail.

Deux bonbonnes de protoxyde d’azote retrouvées dans la voiture

Après le choc, le conducteur abandonne son véhicule et prend la fuite à pied à travers champs. Les enquêteurs découvrent à l’intérieur de la Clio deux bonbonnes de protoxyde d’azote ainsi que plusieurs ballons servant à sa consommation. Aucun élément ne permet toutefois d’établir que le conducteur en avait consommé au moment des faits, cette substance disparaissant rapidement de l’organisme.

Un mineur présenté à la place du véritable conducteur

L’enquête a connu un rebondissement dans la soirée. Le premier propriétaire du véhicule, toujours titulaire de la carte grise, s’est présenté spontanément au commissariat pour expliquer avoir vendu la Clio quelques semaines plus tôt. Quelques heures plus tard, le nouvel acquéreur s’est présenté accompagné d’un mineur de 17 ans qui affirmait être le conducteur au moment des faits. Les vérifications des enquêteurs, les témoignages des policiers et plusieurs reconnaissances photographiques ont rapidement démontré que cette version était mensongère. Le mineur a finalement reconnu qu’on lui avait demandé de se présenter comme conducteur avant d’être mis hors de cause. Selon le Procureur, cette tentative visait à utiliser un adolescent comme « fusible » afin d’éviter une lourde condamnation.

Un homme déjà condamné à sept reprises

Le véritable conducteur est un homme né en Espagne en juin 2002, de nationalité espagnole. Très défavorablement connu de la justice, il a déjà été condamné à sept reprises entre 2020 et 2022, notamment pour trafic de stupéfiants, conduite sous stupéfiants, conduite sans permis et sans assurance. Il a notamment écopé à deux reprises de trois ans de prison pour des infractions liées au trafic de stupéfiants et était sorti de détention il y a un peu plus d’un an. Face aux enquêteurs, il a finalement reconnu être au volant au moment des faits. Il a expliqué avoir pris la fuite « parce qu’il avait peur de retourner en prison« , tout en contestant avoir volontairement percuté le véhicule de police.

Jusqu’à dix ans d’emprisonnement encourus

Le conducteur sera poursuivi pour refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui ainsi que pour violences volontaires avec arme sur des fonctionnaires de police, le véhicule étant considéré comme une arme par destination. Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Le Procureur a annoncé qu’il sera présenté en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montbéliard mardi 4 août 2026 à 14h00. Son placement en détention provisoire est requis dans l’attente de son jugement.

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