Micro-entrepreneurs en Bourgogne-Franche-Comté : de plus en plus nombreux, mais des revenus souvent modestes

Photo d'illustration (photo Adobe Stock / ArLawKa)

La micro-entreprise continue de séduire en Bourgogne-Franche-Comté. Selon une nouvelle étude de l’Insee, le nombre de micro-entrepreneurs a fortement progressé ces dernières années, au point de représenter désormais plus d’un tiers des très petites entreprises (TPE) de la région. Derrière cette dynamique se cachent toutefois des revenus souvent faibles et une activité qui reste, pour beaucoup, un complément à un emploi salarié.

Une forte progression en quelques années

Fin 2022, la Bourgogne-Franche-Comté comptait 60 700 micro-entreprises économiquement actives, soit 23 000 de plus qu’en 2018, une hausse de 62,7 %. Elles représentent désormais 35,4 % des très petites entreprises de la région, une proportion bien supérieure à la moyenne nationale (24,5 %). En 2022, ces entreprises ont généré un chiffre d’affaires total de 807 millions d’euros. Dans le Doubs, 11 000 micro-entreprises étaient recensées, soit une progression de 61,5 % en quatre ans. Elles représentent 34,6 % des TPE du département.

Près d’un entrepreneur sur deux cumule avec un emploi

L’Insee souligne que la micro-entreprise constitue souvent une activité complémentaire. En Bourgogne-Franche-Comté, 46 % des micro-entrepreneurs exercent également un emploi salarié. Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes, qui utilisent parfois ce statut pour des activités étudiantes comme la livraison à domicile, mais aussi chez les seniors qui souhaitent compléter leurs revenus ou poursuivre une activité après la retraite.

Des revenus loin du Smic

Le principal enseignement de l’étude concerne les revenus. En moyenne, un micro-entrepreneur de la région perçoit seulement 590 € bruts par mois grâce à son activité indépendante, soit environ un tiers du Smic. Les écarts sont importants selon les situations. Ceux qui exercent uniquement sous ce statut gagnent en moyenne 800 € mensuels, contre seulement 360 € pour ceux qui cumulent avec un emploi salarié. Dans le Doubs, le revenu mensuel brut moyen atteint 590 €, ou 790 € pour les personnes n’ayant pas d’autre activité salariée.

Les services largement majoritaires

Les activités de services dominent largement. Un micro-entrepreneur sur trois travaille dans l’enseignement, la santé, l’action sociale ou les services aux particuliers. Les services aux entreprises sont également très représentés. À l’inverse, les secteurs de l’immobilier, de la finance ou encore de l’hébergement-restauration comptent proportionnellement moins de micro-entrepreneurs.

Des entreprises parfois éphémères

L’étude révèle également une certaine fragilité de ces activités. Parmi les micro-entreprises créées au premier semestre 2018, un quart n’ont jamais réellement démarré leur activité. Cinq ans après leur création, seule une micro-entreprise sur trois est toujours en activité sous ce régime. La majorité des autres ont cessé leur activité, tandis qu’une faible proportion seulement a évolué vers une entreprise individuelle classique.

Un statut qui continue de séduire

Créé en 2009 pour simplifier la création d’entreprise, le régime de la micro-entreprise continue d’attirer de nombreux créateurs grâce à des démarches administratives allégées et un fonctionnement simplifié. Son essor a été renforcé en 2018 avec le relèvement des plafonds de chiffre d’affaires autorisés.

Si ce statut facilite le lancement d’une activité, l’Insee rappelle qu’il reste, dans la majorité des cas, un complément de revenus plutôt qu’un véritable emploi à temps plein, les revenus dégagés demeurant souvent modestes.

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