Château de Montbéliard : le projet de rénovation réorienté pour maintenir un budget de 20 millions d’euros

Le Château Montbéliard Wurtemberg (photo ToutMontbeliard.com)
Le Château Montbéliard Wurtemberg (photo ToutMontbeliard.com)

Le projet de reconversion du Château de Montbéliard Würtemberg poursuit son avancée, mais avec plusieurs adaptations. Lors du Conseil municipal du lundi 6 juillet 2026, les élus ont validé une évolution du programme afin de tenir compte des contraintes techniques, patrimoniales et réglementaires apparues au fil des études. L’objectif affiché par la municipalité est clair : préserver l’ambition du futur musée tout en maintenant le coût global de l’opération autour de 20 millions d’euros.

Des contraintes découvertes au fil des études

Depuis le lancement de la maîtrise d’œuvre, les investigations menées sur le château ont fait apparaître plusieurs difficultés qui n’avaient pas pu être mesurées lors du concours d’architecture. L’architecte Daniel Meszaros a expliqué que les diagnostics ont notamment révélé un état des charpentes et des toitures plus dégradé qu’attendu, nécessitant des reprises importantes. Des quantités plus importantes d’amiante et de plomb ont également été découvertes.

Le projet a également dû être adapté aux prescriptions des services de l’État. La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et la Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) ont demandé une restauration plus poussée de l’ancienne chancellerie afin de retrouver son état historique du début du XIXe siècle. Elles ont par ailleurs refusé l’installation de la chaufferie biomasse dans ce bâtiment.

De son côté, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) a imposé que le bâtiment de Châtel-devant soit traité dans son intégralité pour répondre aux normes de sécurité incendie, rendant impossible une rénovation par tranches.

Selon les explications apportées en séance, si l’ensemble de ces nouvelles exigences avait été intégré sans modification du projet, le coût global de l’opération aurait pu approcher les 30 millions d’euros.

Une réorganisation pour respecter le budget

Afin de conserver une enveloppe d’environ 20 millions d’euros, la Ville a choisi de revoir le périmètre de cette phase de travaux. La tranche ferme comprendra notamment la restructuration complète du musée, les espaces de visite, la rénovation de l’ancienne chancellerie destinée aux expositions temporaires ainsi que les annexes, où sera finalement installée la chaufferie biomasse.

En revanche, la rénovation de Châtel-devant, qui accueille aujourd’hui les Archives municipales, est renvoyée à une tranche optionnelle. Les besoins complémentaires en matière d’archives et de réserves pourront être assurés dans l’ancien Conservatoire si nécessaire.

Les adaptations présentées au Conseil municipal donnent lieu à un avenant de 510 000 € sur le marché de maîtrise d’œuvre, principalement lié aux nouvelles prescriptions patrimoniales et techniques.

« Nous faisons selon nos moyens« , Marie-Noëlle Biguinet

La Maire de Montbéliard, Marie-Noëlle Biguinet, a rappelé que la Ville s’était engagée à consacrer environ un million d’euros par an à ce projet, grâce au soutien financier de l’État, de la Région, du Département du Doubs et de Pays de Montbéliard Agglomération. « Les projets qu’on ne peut pas financer, on les différera« , a-t-elle déclaré, avant de rappeler que l’objectif restait de respecter l’enveloppe financière initialement prévue. Le coût global de l’opération est aujourd’hui estimé à près de 19,3 millions d’euros, comprenant les travaux mais aussi les fouilles archéologiques, la maîtrise d’œuvre, les assurances et les différentes études.

Un musée dont l’ambition est préservée

Malgré les adaptations du programme, la Ville affirme que le contenu du futur musée reste inchangé. Le parcours de visite s’articulera autour de trois grandes thématiques : l’histoire du paysage et de la géologie du territoire, l’histoire du Pays de Montbéliard à travers les collections archéologiques et naturalistes, ainsi qu’un espace consacré aux artistes, avec une place importante réservée à Jean Messagier. L’ancienne chancellerie accueillera les expositions temporaires et les manifestations culturelles.

Des interrogations dans l’opposition

Au cours des débats, l’opposition s’est interrogée sur l’évolution du projet depuis le concours de maîtrise d’œuvre, estimant que plusieurs aménagements initialement envisagés ne figurent plus dans cette phase des travaux. Elle a également questionné les raisons de l’augmentation des coûts constatée au fil des études. En réponse, Daniel Meszaros a expliqué que ces évolutions résultaient essentiellement des diagnostics réalisés après le lancement des études, des prescriptions imposées par les services de l’État et de l’évolution des coûts de construction. « Le juge de paix, c’est le budget« , a résumé l’architecte, estimant que les arbitrages retenus permettaient de préserver l’essentiel du projet. Pour la majorité municipale, ces adaptations sont la conséquence logique d’un chantier portant sur un monument historique et permettent de maintenir les engagements financiers de la Ville sans remettre en cause les autres investissements programmés.

Un calendrier maintenu

Le calendrier présenté lors du Conseil municipal reste inchangé. Les offres des entreprises sont attendues le 14 août 2026, avant une attribution des marchés en novembre. Les travaux devraient débuter à la fin de l’année 2026. Le pôle énergétique est attendu en 2027, la réouverture de la chancellerie est envisagée pour les Journées européennes du patrimoine de 2028 et l’inauguration complète du château rénové est toujours programmée à l’horizon 2030, à l’occasion des Lumières de Noël.

Au terme des débats, la municipalité a réaffirmé sa volonté de mener à bien la transformation du château des ducs de Wurtemberg tout en adaptant le projet aux contraintes découvertes au fil des études. Une évolution présentée comme un choix de responsabilité budgétaire, afin de préserver à la fois l’ambition culturelle du site et les autres investissements de la Ville.

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