Avec l’arrivée des beaux jours, les moustiques font leur retour dans les jardins, les habitations et les espaces extérieurs. Pour s’en protéger, de nombreuses solutions existent, mais certaines peuvent avoir des conséquences sur la qualité de l’air intérieur. Atmo Bourgogne-Franche-Comté rappelle les bons réflexes à adopter pour limiter les nuisances tout en préservant sa santé.
Pourquoi les moustiques piquent-ils ?
Contrairement à une idée reçue, seuls les moustiques femelles piquent. Elles ont besoin des protéines contenues dans le sang pour assurer le développement de leurs œufs. Grâce à leur odorat particulièrement développé, elles repèrent leurs proies en détectant notamment le dioxyde de carbone (CO₂) rejeté lors de la respiration ainsi que certaines substances présentes dans la sueur. La démangeaison ressentie après une piqûre est provoquée par la salive injectée par le moustique avant qu’il ne prélève le sang. Cette salive contient des substances anticoagulantes qui déclenchent une réaction inflammatoire. Les moustiques mâles, eux, se nourrissent uniquement de nectar et de sucs végétaux.
Des produits efficaces, mais à utiliser avec précaution
Pour éloigner les moustiques, les répulsifs contenant du DEET, de l’icaridine ou de l’IR3535 sont considérés comme les plus efficaces lorsqu’ils sont utilisés conformément aux recommandations. En revanche, certains produits nécessitent davantage de vigilance. Les spirales anti-moustiques, par exemple, dégagent lors de leur combustion des particules fines et divers composés irritants pouvant altérer la qualité de l’air intérieur. Leur utilisation est donc plutôt recommandée en extérieur ou dans des espaces bien ventilés. Les insecticides diffusés par aérosols ou prises électriques contiennent souvent des pyréthrinoïdes. S’ils sont efficaces contre les moustiques, ils peuvent également contribuer à la pollution de l’air intérieur et avoir un impact sur l’environnement, notamment les milieux aquatiques.
Le changement climatique favorise leur développement
Les moustiques sont particulièrement sensibles aux conditions météorologiques. La hausse des températures accélère le développement des larves, favorise la reproduction des adultes et allonge les périodes d’activité. Cette évolution des conditions climatiques contribue à l’installation de nouvelles espèces dans des régions autrefois moins favorables à leur survie. Elle augmente également les risques de transmission de certaines maladies lorsque des personnes infectées reviennent de zones où circulent des virus comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de la moitié de la population mondiale est aujourd’hui exposée au risque de dengue.
Le moustique tigre poursuit son expansion
Symbole de cette évolution, le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire d’Asie, poursuit sa progression en France. Introduit sur le territoire métropolitain en 2004, il était implanté au 1er janvier 2026 dans 83 des 96 départements métropolitains, soit 86 % du territoire. Cette espèce invasive est capable de transmettre plusieurs maladies virales et bénéficie à la fois de l’intensification des échanges internationaux et de conditions climatiques plus favorables à son développement. Ses œufs présentent en outre une forte résistance et peuvent survivre plusieurs mois dans un environnement sec avant d’éclore au contact de l’eau.
Les gestes simples à adopter
La meilleure protection reste la prévention. Atmo Bourgogne-Franche-Comté recommande notamment de supprimer toutes les eaux stagnantes susceptibles de servir de lieux de ponte, comme les soucoupes de pots de fleurs, les gouttières encombrées ou les récipients laissés à l’extérieur. L’installation de moustiquaires, le port de vêtements couvrants et clairs, l’utilisation d’un ventilateur ou encore l’application de répulsifs adaptés permettent également de limiter les piqûres. Enfin, contrairement à une croyance répandue, les moustiques ne sont pas principalement attirés par la lumière. Ce sont surtout le CO₂, la chaleur corporelle et certaines substances présentes dans la transpiration qui les guident vers leurs victimes.

