Après plusieurs jours de tensions autour du mouvement de contestation au Lycée Germaine Tillion de Montbéliard, le Procureur de la République Paul-Edouard Lallois a fait le point sur les incidents survenus depuis vendredi dernier, en insistant sur le fait, selon lui, que les violences observées en marge du mouvement lycéen sont le fait de « petits groupuscules de fauteurs de troubles » sans lien direct avec les élèves mobilisés.
« Le mouvement lycéen ne pose pas de difficulté« , Paul-Edouard Lallois, Procureur de la République de Montbéliard
Le Procureur a distingué le mouvement social mené par des enseignants et des lycéens du lycée des violences urbaines constatées à plusieurs reprises autour du secteur Donzelot. Selon lui, les rassemblements organisés devant l’établissement se déroulent « dans la bonne humeur » et « sans difficulté particulière pour l’ordre public« . Il a même évoqué une ambiance « bon enfant« , précisant que des enseignants avaient offert du café aux policiers présents sur place. Jeudi matin encore, un sitting réunissait quelques enseignants et lycéens grévistes devant le lycée.
Des jets de projectiles et de mortiers
Malgré un retour au calme mercredi, de nouveaux incidents ont éclaté jeudi en fin de matinée puis vers 15h30. Un groupe d’une dizaine à une quinzaine de jeunes a lancé des projectiles puis un mortier en direction des forces de l’ordre depuis le secteur Donzelot. Aucune personne n’a été blessée et aucune interpellation n’a eu lieu jeudi. Paul-Edouard Lallois a rappelé que les policiers n’avaient fait usage d’aucune grenade lacrymogène durant cette journée et que seuls des contrôles d’identité avaient été réalisés.
Deux mineurs interpellés après les violences de mardi
Le Procureur est revenu en détail sur les violences du mardi 26 mai 2026, lorsque plusieurs dizaines de jeunes avaient affronté les forces de l’ordre autour du lycée. Deux mineurs ont été identifiés grâce à l’appui d’un drone utilisé par la police nationale. Le premier, un lycéen bisontin né en 2010, a reconnu avoir lancé des projectiles sur les policiers. Selon le Procureur, il aurait expliqué être venu à Montbéliard après avoir vu des appels circuler sur les réseaux sociaux. Il sera jugé le 19 juin 2026 devant le tribunal pour enfants de Besançon.
Le second, un adolescent montbéliardais également né en 2010 et déjà connu de la justice, a reconnu avoir lancé plusieurs cailloux en direction des forces de l’ordre. Présenté au juge des enfants, il a été placé sous contrôle judiciaire avec notamment une obligation de couvre-feu, une interdiction de paraître aux abords du Lycée Germaine Tillion et un placement dans un centre éducatif renforcé hors de Franche-Comté. Il sera jugé à l’automne prochain.
Le Procureur évoque des méthodes « type Black Bloc«
Lors de sa conférence de presse, Paul-Edouard Lallois a comparé les méthodes et le discours des jeunes interpellés à ceux de « groupuscules d’extrême gauche de type Black Bloc« . Selon lui, certains jeunes seraient venus à Montbéliard uniquement pour « provoquer la police » et « casser du flic« , sans aucun lien avec les revendications internes au lycée. Le magistrat affirme également que des appels à venir affronter les forces de l’ordre avaient circulé sur certains réseaux sociaux et groupes de discussion.
Un journaliste de France 3 visé
Parmi les incidents de mardi, un journaliste de France 3 a déposé plainte après avoir été touché dans le dos par un projectile alors qu’il réalisait des interviews près du lycée. Le Procureur précise que le journaliste n’a pas été gravement blessé mais qu’il a été victime d’insultes visant son média avant d’être touché par une pierre. Aucun enseignant ni élève n’a déposé plainte à ce stade.
Des CRS mobilisés à Montbéliard
Face aux tensions, une demi-compagnie de CRS venue de Troyes a été déployée en renfort des policiers montbéliardais. Le Procureur précise toutefois que ce renfort a principalement été demandé pour soulager les effectifs locaux mobilisés depuis plusieurs jours. Il affirme également qu’aucun dispositif policier n’a été installé à l’intérieur du lycée Germaine-Tillion et qu’aucune menace particulière n’a été identifiée dans l’établissement.

