Emploi frontalier : le ralentissement se confirme dans le Pays de Montbéliard

Photo d'illustration (photo Adobe Stock / ArLawKa)

Après plusieurs années de forte progression, l’emploi frontalier vers la Suisse marque nettement le pas en Bourgogne-Franche-Comté. Selon une nouvelle étude de l’Insee publiée ce mercredi 28 mai 2026, le phénomène touche particulièrement le Doubs et le Pays de Montbéliard.

Fin 2025, 48 450 habitants de Bourgogne-Franche-Comté travaillent en Suisse, soit une hausse limitée à +0,5 % sur un an, bien loin des +6,7 % enregistrés en 2023. La progression régionale est également inférieure à la moyenne nationale (+2,2 %). Dans le Pays de Montbéliard, la tendance est même à la baisse. Pays de Montbéliard Agglomération compte désormais environ 5 030 travailleurs frontaliers, contre 5 080 un an plus tôt, soit un recul de -0,9 %.

L’industrie et l’horlogerie en difficulté

L’Insee explique ce ralentissement par une conjoncture économique moins favorable en Suisse, particulièrement dans l’industrie. Les secteurs industriels emploient encore près de 40 % des frontaliers de Bourgogne-Franche-Comté, mais les effectifs reculent désormais de -1,7 % sur un an. Le secteur de l’horlogerie, très dépendant des exportations et déjà fragilisé par le ralentissement économique chinois, continue notamment de souffrir. L’intérim est également en forte baisse (-8,5 %), signe d’un net ralentissement de l’activité industrielle suisse. L’étude souligne que les territoires du nord de la bande frontalière, davantage tournés vers les cantons de Neuchâtel et du Jura, sont les plus exposés à cette baisse d’activité.

La santé continue de recruter

À l’inverse, certains secteurs restent dynamiques. La santé humaine et l’action sociale poursuivent leur progression avec +5 % de frontaliers supplémentaires en un an. L’Insee précise que ce secteur représente à lui seul environ 70 % de la hausse nette observée en 2025. Les services aux entreprises, l’informatique, la construction ou encore les transports terrestres continuent également d’afficher une croissance positive.

Un phénomène très présent dans le Nord Franche-Comté

Le Doubs reste de loin le principal département frontalier de la région avec plus de 34 000 navetteurs vers la Suisse, soit sept frontaliers sur dix en Bourgogne-Franche-Comté. Le Territoire de Belfort continue lui aussi de progresser légèrement (+1,4 %), mais à un rythme beaucoup plus faible qu’auparavant. L’Insee note enfin que les territoires les plus proches du canton de Vaud, dont l’économie est plus diversifiée, résistent mieux au ralentissement que ceux davantage dépendants de l’industrie horlogère.

infos > www.insee.fr

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