Pollution à l’ozone : la Bourgogne-Franche-Comté sous surveillance avec la chaleur précoce

(photo ATMO BFC)

Alors que des températures exceptionnellement élevées touchent la France en cette fin mai 2026, la qualité de l’air se dégrade dans plusieurs régions en raison d’une hausse des concentrations d’ozone. La Bourgogne-Franche-Comté n’échappe pas à cette situation, surveillée de près par Atmo Bourgogne-Franche-Comté.

L’ozone est un polluant dit « secondaire », qui ne provient pas directement d’une source d’émission. Il se forme sous l’effet du soleil et de la chaleur à partir d’autres polluants, notamment les oxydes d’azote et les composés organiques volatils issus principalement du trafic routier et des activités industrielles. Les fortes chaleurs, l’ensoleillement et le vent faible favorisent ainsi sa production.

Des niveaux en hausse dans la région

Depuis plusieurs jours, un épisode de pollution à l’ozone touche une grande partie du territoire national. Plusieurs régions ont déjà déclenché leurs procédures d’alerte, notamment l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou encore la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En Bourgogne-Franche-Comté, les niveaux augmentent également. Un maximum de 154 µg/m³ a été relevé mardi 26 mai 2026 à Auxerre, restant toutefois sous le seuil d’information fixé à 180 µg/m³ par heure. Les prévisionnistes d’Atmo Bourgogne-Franche-Comté estiment que cette situation pourrait se poursuivre durant une partie de la semaine.

Cette situation s’explique par un « dôme de chaleur » installé sur l’ouest de l’Europe, accompagné de remontées d’air chaud venues du Sahara. Ce phénomène transporte également des poussières désertiques, provoquant localement une hausse des particules fines. À Nevers, un niveau de 49,2 µg/m³ a ainsi été enregistré mardi, proche du seuil d’information fixé à 50 µg/m³ par jour.

Des effets sur la santé et l’environnement

L’ozone troposphérique, qualifié de « mauvais ozone », est particulièrement irritant pour les voies respiratoires et les yeux. Il peut provoquer toux, gêne respiratoire, douleurs thoraciques ou encore crises d’asthme. Les personnes âgées, les enfants, les asthmatiques ou les personnes souffrant de pathologies respiratoires et cardiovasculaires sont les plus vulnérables.

La situation est d’autant plus sensible qu’une alerte aux pollens de graminées est actuellement en cours sur l’ensemble de la région. Selon Atmo Bourgogne-Franche-Comté, l’ozone peut renforcer le pouvoir allergisant des pollens et accentuer les réactions allergiques.

L’environnement est également impacté. L’ozone perturbe le développement des végétaux, réduit la photosynthèse et peut entraîner des pertes importantes pour certaines cultures agricoles et essences forestières.

Des recommandations pour limiter les émissions

Même si la formation de l’ozone dépend largement de la météo, Atmo Bourgogne-Franche-Comté rappelle que certains gestes permettent de limiter les émissions des polluants précurseurs : privilégier les transports en commun, le vélo ou le covoiturage, éviter l’usage d’outils thermiques comme les tondeuses, limiter les produits à base de solvants ou encore respecter l’interdiction de brûlage des déchets verts.

Pour les personnes sensibles, il est conseillé de limiter les déplacements à proximité des grands axes routiers aux heures de pointe et d’éviter les activités physiques intenses en extérieur lors des pics de pollution.

Un projet spécifique lancé à Besançon

Face à ces problématiques, le territoire de Besançon et du Grand Besançon Métropole participe au projet APRIO (« Agir Pour Réduire l’Impact de l’Ozone »), porté par Atmo Bourgogne-Franche-Comté et le laboratoire Chrono-Environnement, avec le soutien de l’ADEME.

Des campagnes de mesures menées durant les étés 2024 et 2025 doivent permettre de mieux comprendre la formation de l’ozone dans la région et d’élaborer un plan d’action attendu à l’automne 2026.

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