Manifestation au Lycée Germaine Tillion de Montbéliard : nouvelles tensions, des élèves réclament un dialogue

Photo d'illustration (photo depositphotos.com)

Quatre jours après les premiers incidents survenus devant le Lycée Germaine Tillion de Montbéliard, un nouveau rassemblement d’élèves a eu lieu ce mardi 26 mai 2026. Si une partie de la matinée a été consacrée à des échanges entre représentants lycéens, enseignants, parents d’élèves et direction, la situation a de nouveau dégénéré en marge du mouvement, avec des affrontements entre plusieurs jeunes et les forces de l’ordre.

Des revendications sur les conditions de vie au lycée

Dès 7h30, plusieurs centaines de lycéens se sont regroupés devant l’établissement pour dénoncer des difficultés qu’ils jugent persistantes au sein du lycée : problèmes d’hygiène, manque de communication de l’administration, inquiétudes autour de dossiers Parcoursup ou encore fermeture de certaines structures éducatives (notre info « Manifestation au lycée Germaine Tillion de Montbéliard : des élèves dénoncent des conditions « insalubres »« ). Des représentants du Conseil de la vie lycéenne ont pu rencontrer la direction afin d’exposer leurs revendications. Les élèves évoquent notamment des toilettes dégradées, l’absence de savon dans certains sanitaires ou encore des infiltrations et traces d’humidité dans plusieurs bâtiments. Plusieurs enseignants présents sur place soutenaient également la démarche des lycéens tout en appelant au calme afin d’éviter une répétition des incidents de vendredi dernier.

Des discussions engagées avec la direction et le rectorat

Des réunions ont été organisées dans la matinée avec des représentants des parents, des enseignants et des services académiques. Le Directeur académique des services de l’Éducation nationale du Doubs, Samuel Rouzet, était présent sur place. Tous ont insisté sur la nécessité de renouer le dialogue et de trouver une issue rapide à la crise. Plusieurs enseignants et représentants de parents d’élèves ont toutefois regretté une communication jugée tardive autour de ces réunions, certains ayant été prévenus seulement la veille au soir.

Des affrontements en marge du rassemblement

Mais en parallèle de ces discussions, les tensions sont progressivement montées autour du lycée. Selon plusieurs témoignages concordants, un groupe de jeunes, dont certains seraient extérieurs à l’établissement, s’est rapproché des forces de l’ordre présentes à distance du rassemblement principal. Des insultes, jets de pierres, pétards et projectiles ont été signalés en direction des policiers. Les fonctionnaires ont répliqué avec des moyens lacrymogènes afin de disperser les groupes les plus virulents.

Un enseignant a été légèrement blessé à la tête lors des incidents. Les circonstances exactes de sa blessure restent encore à déterminer. Plusieurs journalistes présents sur place auraient également été visés par des projectiles.

Au cours de la matinée, les enseignants ont tenté à plusieurs reprises d’éviter les affrontements en éloignant les élèves les plus calmes des groupes les plus agités. Malgré cela, plusieurs départs de feu sur des poubelles ont été constatés dans le secteur voisin du quartier Donzelot. Des tensions ont aussi repris ponctuellement dans l’après-midi.

Deux mineurs interpellés

Deux mineurs de 16 ans ont été interpellés au cours de la journée. Selon le parquet de Montbéliard, ils ne seraient pas scolarisés au lycée Germaine Tillion. Ils sont soupçonnés de violences avec usage d’arme, de participation à un attroupement en vue de commettre des dégradations et de destructions par moyen dangereux.

Le procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, a estimé qu’un « noyau de casseurs » avait cherché à détourner une mobilisation initialement pacifique. Il avait déjà réagi ces derniers jours aux accusations de violences policières formulées par plusieurs syndicats enseignants après les incidents du vendredi 22 mai 2026, où trois jeunes avaient été poursuivis (notre info « Manifestation au lycée Germaine Tillion de Montbéliard : trois jeunes poursuivis après des violences contre les policiers« ).

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