Les organisations syndicales CGT Éduc’action, FO, SNES-FSU, Sud Éducation, SNALC et l’organisation lycéenne USL ont publié un communiqué commun ce samedi 23 mai 2026 après les incidents survenus aux abords du lycée Germaine Tillion de Montbéliard. Dans ce texte, les syndicats évoquent des « violences policières » qui auraient provoqué « la consternation parmi la communauté scolaire de l’établissement« .
Une manifestation après la fermeture d’un hall
Selon le communiqué, les tensions trouvent leur origine dans la décision du proviseur d’interdire l’accès au hall du site Grand-Chênois après l’utilisation de fumigènes. Cette fermeture, décidée le mercredi 20 mai 2026 « jusqu’à nouvel ordre« , aurait été perçue par des élèves comme « une punition collective« . Les organisations syndicales indiquent également que des « problèmes organisationnels » ainsi que « la vétusté de certains locaux » ont motivé la mobilisation des lycéens. Les auteurs du texte assurent que le rassemblement organisé devant le lycée ne posait « aucun problème le matin« , mais que la situation aurait dégénéré dans l’après-midi. Ils accusent les forces de l’ordre d’avoir « chargé violemment et sans distinction le groupe restant, faisant usage de lacrymogènes« . Les syndicats affirment également qu’ »une élève serait blessée« .
Trois jeunes poursuivis après les incidents
Ces déclarations interviennent alors que le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, a annoncé que trois jeunes seront poursuivis après les violences commises lors de cette manifestation (notre info « Manifestation au lycée Germaine Tillion de Montbéliard : trois jeunes poursuivis après des violences contre les policiers« ). Selon le parquet, plusieurs policiers auraient été pris pour cible par des jets de projectiles et des violences. Deux des jeunes interpellés devront comparaître devant le tribunal judiciaire de Montbéliard dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, tandis qu’un troisième sera convoqué devant le juge des enfants. Le procureur a également précisé que plusieurs policiers ont été blessés durant les affrontements.
Des critiques contre la direction et les forces de l’ordre
Dans leur communiqué, les organisations syndicales estiment qu’un manque de dialogue avec la direction de l’établissement aurait contribué aux débordements. « Les insultes, les flash-balls et les gaz lacrymogènes lancés sur des adolescents ne constituent pas une réponse digne d’une démocratie« , écrivent-elles notamment. Les syndicats disent vouloir « alerter sur les risques que comportent un tel positionnement des forces de l’ordre face à notre jeunesse« , alors qu’un nouveau mouvement lycéen pourrait avoir lieu ce mardi. Ils demandent l’ouverture de discussions avec les élèves autour de leurs revendications et souhaitent également une intervention de la Région Bourgogne-Franche-Comté, propriétaire des locaux, ainsi que du rectorat « pour apaiser les relations entre les lycéens et la police« . Un « bilan objectif » des modalités d’intervention des forces de l’ordre est également réclamé « afin que de tels débordements ne se reproduisent pas« .

