Manifestation au lycée Germaine Tillion de Montbéliard : trois jeunes poursuivis après des violences contre les policiers

Photo d'illustration (photo Adobe Stock / Jérôme Aufort)

Le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, nous a détaillé les suites judiciaires données après les incidents survenus vendredi 22 mai 2026 devant le lycée Germaine Tillion de Montbéliard (notre info « Manifestation au lycée Germaine Tillion de Montbéliard : des élèves dénoncent des conditions « insalubres »« ). Trois jeunes, dont deux mineurs, font l’objet de poursuites après des violences commises contre les forces de l’ordre lors d’une manifestation lycéenne qui a dégénéré dans l’après-midi.

Une manifestation d’abord calme le matin

Selon le Procureur, environ 300 lycéens se sont rassemblés vendredi matin devant l’établissement pour dénoncer différents problèmes liés aux conditions de travail et de vie au sein du lycée. La manifestation, encadrée par une trentaine de policiers du commissariat de Montbéliard, s’est déroulée sans incident majeur malgré quelques fumigènes, pétards et feux d’artifice utilisés par certains participants. « Le droit de manifester pour les lycéens est incontestable« , a rappelé Paul-Edouard Lallois, tout en précisant que cela devait se faire « dans le calme et sans aucun acte de violence.

Des tensions qui dégénèrent dans l’après-midi

La situation s’est tendue à partir de 13h30, alors qu’environ 150 élèves étaient encore présents devant le lycée. Un premier groupe d’une dizaine de jeunes a commencé à lancer des œufs en direction des policiers et de membres de la direction du lycée, notamment la proviseure adjointe. Aucun projectile n’a toutefois atteint sa cible. Un premier lycéen, né en septembre 2009 et inconnu de la justice, a été interpellé pour violences et outrage envers personne dépositaire de l’autorité publique. Il devra répondre de ces faits devant le parquet le 1er juillet prochain. Le parquet a requis à son encontre une obligation de couvre-feu de six mois ainsi qu’une mesure de réparation pénale.

Une heure d’affrontements avec les forces de l’ordre

Après cette première interpellation, les tensions ont fortement augmenté. Le Procureur évoque « une trentaine de fauteurs de troubles » ayant pris les policiers pour cible avec des cailloux, morceaux de goudron et morceaux de parpaing pendant près d’une heure. Deux policiers ont été blessés lors des affrontements. L’un s’est vu prescrire un jour d’incapacité totale de travail, l’autre sept jours après une blessure à la cheville. Face à ces violences, les policiers ont utilisé des moyens de maintien de l’ordre, avec notamment des grenades lacrymogènes et de désencerclement. Un seul tir de lanceur de balles de défense a été effectué, sans faire de blessé. « Nos policiers ont fait en sorte d’utiliser la force strictement nécessaire et strictement proportionnée« , a insisté Paul-Edouard Lallois.

Deux nouveaux jeunes déférés devant la justice

Durant les affrontements, les enquêteurs ont identifié deux autres jeunes en train de lancer des projectiles vers les forces de l’ordre : un mineur habitant Montbéliard et un jeune majeur de Grand-Charmont, tous deux lycéens à Germaine Tillion et inconnus des services de police Le mineur a été présenté au juge des enfants et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès à l’automne. Il lui est notamment interdit de participer à toute manifestation aux abords du lycée et de détenir une arme. Un couvre-feu nocturne lui a également été imposé.

Le majeur sera jugé par le tribunal correctionnel de Montbéliard le 4 juin prochain. Lui aussi est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de manifester près du lycée, interdiction de détenir une arme et obligation de pointage. Tous deux sont poursuivis pour violences aggravées, outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement armé.

Tolérance zéro face aux violences

« Le message clairement que j’entends afficher c’est tolérance zéro pour la moindre violence envers les forces de l’ordre« , a déclaré le Procureur de la République. Le parquet espère désormais que ces poursuites rapides permettront d’éviter de nouveaux débordements alors qu’un nouvel appel à manifester pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

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