L’Association pour l’emploi des cadres, Apec, vient de publier son étude 2026 sur les pratiques de recrutement des cadres. Après plusieurs années de fortes tensions sur le marché de l’emploi, les entreprises semblent retrouver un peu d’air : les difficultés de recrutement poursuivent leur baisse, même si les recruteurs restent confrontés à des candidatures souvent jugées inadaptées aux profils recherchés. Selon l’étude menée auprès de 1 150 entreprises privées de plus de 10 salariés ayant recruté au moins un cadre en 2025, moins d’une entreprise sur deux déclare aujourd’hui rencontrer des difficultés pour recruter des cadres. Elles étaient 60 % en 2023 et près des deux tiers en 2022. En 2025, ce chiffre tombe à 49 %, soit un retour proche des niveaux observés avant la crise sanitaire.
Des candidatures plus nombreuses, mais souvent inadéquates
L’Apec souligne que la principale difficulté n’est désormais plus le manque de candidatures, mais leur inadéquation avec les profils attendus. Trois quarts des entreprises évoquent un décalage entre les candidatures reçues et les compétences recherchées. En parallèle, le nombre moyen de candidatures reçues pour un recrutement de cadre est passé de 13 à 15 en un an. Les entreprises restent toutefois confrontées à certaines tensions, notamment hors Île-de-France où le faible nombre de candidatures demeure un problème plus marqué.
Des méthodes de recrutement moins offensives
Avec un marché un peu moins tendu, les employeurs réduisent certaines pratiques de recrutement intensif. Le recours aux cabinets de recrutement baisse à 42 % des entreprises, retrouvant ainsi son niveau d’avant Covid. L’approche directe des candidats, notamment via les réseaux sociaux, recule également.L’offre d’emploi reste néanmoins le principal canal de recrutement. Elle est utilisée par 84 % des entreprises et demeure jugée comme le moyen le plus efficace pour trouver les candidats finalement recrutés. Les candidatures spontanées progressent également, particulièrement dans les grandes entreprises.
Les « soft skills » prennent davantage d’importance
L’étude met aussi en évidence une montée en puissance de l’évaluation des compétences comportementales, les fameuses « soft skills ». Près de la moitié des entreprises utilisent désormais des tests ou des mises en situation pour évaluer les candidats. La présélection téléphonique s’est également installée durablement dans les habitudes de recrutement : 71 % des entreprises y ont recours avant les entretiens.
L’intelligence artificielle encore peu utilisée
Enfin, l’intelligence artificielle reste encore marginale dans les processus de recrutement. Seules 8 % des entreprises utilisent aujourd’hui des outils d’IA pour recruter des cadres, même si cette pratique progresse dans les grandes structures. Les usages concernent surtout la rédaction d’offres d’emploi ou de fiches de poste. Pour les entreprises qui utilisent déjà ces outils, le principal avantage identifié reste le gain de temps.

