Le Conseil d’Administration de Université Marie et Louis Pasteur a adopté ce mardi 19 mai 2026 une motion exprimant son opposition à la généralisation des droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires.
L’université rappelle accueillir cette année 2 593 étudiants internationaux hors Union européenne, dont une large majorité originaire du continent africain. Depuis 2019, ces étudiants sont théoriquement soumis à des frais d’inscription beaucoup plus élevés que les étudiants français et européens. Mais l’établissement avait jusqu’ici choisi d’appliquer une politique d’exonération afin de maintenir des droits identiques pour tous, soit 178 € en licence et 254 € en master pour l’année universitaire 2025/2026.
Dans sa motion, l’université dénonce le projet du gouvernement visant à limiter fortement ces exonérations. Le texte évoque un projet de décret qui prévoyait initialement de plafonner à 10 % le nombre d’étudiants pouvant bénéficier d’une exonération, imposant ainsi à la majorité des étudiants extracommunautaires des frais atteignant 2 895 € en licence et 3 941 € en master. Face aux réactions des universités, syndicats et organisations étudiantes, ce plafond pourrait finalement être porté à 20 % d’ici la rentrée 2028.
Le Conseil d’Administration de l’Université Marie et Louis Pasteur affirme rester « fermement hostile à toute augmentation » des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne. Il estime notamment qu’une telle mesure conduirait à « une sélection par l’argent« , menacerait « le dynamisme des formations et de la recherche« , pénaliserait « l’attractivité internationale » des universités françaises et affaiblirait « le développement économique du territoire« . L’établissement met également en avant son attachement « aux principes d’égalité, de justice, de non-discrimination et d’autonomie des universités« .
Dans cette motion adoptée à l’unanimité moins une abstention, le Conseil d’administration demande à l’État de respecter l’avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), qui a rejeté ce projet de décret le 12 mai dernier, et appelle le gouvernement à ne pas promulguer le texte.

