Emploi des cadres : les recrutements ralentissent dans un climat d’incertitude, quel impact pour le Pays de Montbéliard ?

Photo d'illustration (photo Adobe Stock / FotolEdhar)

Selon le dernier baromètre de l’Apec publié en mai 2026, les intentions de recrutement de cadres marquent un ralentissement au deuxième trimestre 2026, dans un contexte économique fragilisé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le retour des inquiétudes sur l’inflation. L’étude révèle notamment que seulement 57 % des entreprises estiment avoir une visibilité suffisante sur leur activité à court terme, soit une baisse de 7 points en trois mois. Cette prudence se traduit directement sur les projets d’embauche : les intentions de recrutement reculent dans les PME comme dans les grandes entreprises. Les grandes structures restent toutefois plus dynamiques. Près d’une sur deux envisage encore de recruter au moins un cadre au cours du trimestre, malgré un léger recul par rapport au début d’année.

Un contexte qui concerne directement le Pays de Montbéliard

Dans le Pays de Montbéliard et plus largement dans le Doubs, cette tendance est observée avec attention en raison du poids historique de l’industrie automobile et de la sous-traitance industrielle sur l’emploi local. Le territoire, fortement dépendant des grands donneurs d’ordre industriels, reste particulièrement sensible aux ralentissements économiques internationaux, aux coûts de l’énergie ou encore aux tensions sur les marchés mondiaux. Les secteurs de l’ingénierie, de la production industrielle, de la logistique ou encore de la maintenance sont directement concernés par les recrutements de cadres. Toutefois, plusieurs entreprises du Nord Franche-Comté continuent de rechercher des profils qualifiés, notamment dans les métiers techniques, la transition énergétique, l’électrification automobile et l’industrie du futur. Les besoins demeurent importants malgré un climat plus prudent.

Les cadres eux-mêmes plus hésitants

L’Apec souligne également une baisse de confiance des cadres dans la situation économique française. Seuls 21 % se disent confiants pour l’avenir de l’économie nationale, un niveau historiquement bas. Conséquence : les projets de mobilité professionnelle ralentissent également. La part des cadres envisageant de changer d’entreprise dans les trois prochains mois recule à 12 %, retrouvant un niveau proche de la moyenne observée depuis 2020. Dans le Doubs, où plusieurs bassins d’emploi industriels restent confrontés à des tensions de recrutement sur certains métiers qualifiés, cette prudence pourrait compliquer davantage encore certaines embauches stratégiques. L’étude de l’Apec repose sur une enquête menée auprès de 2 000 cadres et de 1 000 entreprises du secteur privé employant au moins un cadre.

infos > www.apec.fr

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