Selon une récente étude de l’Insee, la Bourgogne-Franche-Comté devrait faire face à une hausse significative du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie dans les prochaines décennies. D’ici 2055, environ 117 000 seniors seraient concernés, soit près de 20 000 de plus qu’en 2021.
Une région déjà parmi les plus âgées de France
En 2022, la région compte 860 000 habitants âgés de 60 ans ou plus, soit trois personnes sur dix. Cette proportion place la Bourgogne-Franche-Comté parmi les territoires les plus âgés de France métropolitaine. Parmi ces seniors, 97 600 étaient en situation de perte d’autonomie en 2021, représentant 11,4 % de cette population. La dépendance augmente fortement avec l’âge. Elle concerne ainsi 42 % des personnes âgées de 85 ans ou plus. Le vieillissement global de la population devrait donc mécaniquement entraîner une hausse des besoins en accompagnement, en soins et en services à domicile.
Une hausse modérée mais continue jusqu’en 2055
D’après les projections, le nombre de seniors en perte d’autonomie atteindrait un pic en 2044 avec environ 121 000 personnes, avant de légèrement diminuer pour s’établir à 117 000 en 2055. Cette évolution représente une augmentation d’environ 20 % en trente ans. Trois facteurs expliquent cette progression. D’une part, la hausse du nombre de seniors, qui passerait de 856 000 en 2021 à 950 000 en 2055. D’autre part, le vieillissement de cette population, avec un âge moyen en augmentation. Enfin, l’amélioration de l’état de santé permettrait de retarder l’entrée dans la dépendance, limitant en partie cette hausse. À l’échelle nationale, cette progression resterait toutefois la plus faible de France, en raison d’une population déjà plus âgée et d’une dynamique démographique moins soutenue.
Le maintien à domicile privilégié
À l’horizon 2055, sept seniors en perte d’autonomie sur dix vivraient à domicile. Cela représenterait environ 81 400 personnes, dont 14 400 en situation de perte sévère. Cette orientation s’inscrit dans les politiques publiques actuelles, qui favorisent le maintien à domicile et l’adaptation des logements. Cette évolution devrait accentuer les besoins en accompagnement. Entre 8 000 et 14 000 professionnels supplémentaires pourraient être nécessaires dans les services d’aide à domicile pour répondre à la demande d’ici trente ans. En parallèle, des solutions alternatives se développent, comme les résidences autonomie ou les habitats partagés, afin d’offrir des réponses intermédiaires entre le domicile et l’hébergement en établissement.
Des capacités d’accueil en établissements limitées
La Bourgogne-Franche-Comté dispose actuellement d’un niveau d’équipement en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes supérieur à la moyenne nationale. Environ un tiers des seniors en perte d’autonomie y résident aujourd’hui. Toutefois, les capacités d’accueil devraient peu évoluer dans les années à venir. À capacité constante, environ 35 600 personnes pourraient être accueillies en établissement d’ici 2055. Cette situation pourrait renforcer la pression sur les dispositifs existants, notamment en matière de recrutement et d’organisation des services.
Les femmes particulièrement concernées
Les femmes représentent près des deux tiers des seniors en perte d’autonomie. Cette situation s’explique notamment par une espérance de vie plus élevée et une plus grande fréquence de situations de dépendance à âge égal. Elles sont également plus souvent seules à un âge avancé, ce qui peut accentuer leur vulnérabilité. Dans ce contexte, l’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes constitue un enjeu majeur pour les politiques publiques et les acteurs du secteur médico-social en Bourgogne-Franche-Comté dans les années à venir.
infos > www.insee.fr

