Montbéliard : des pavés de la mémoire « Stolpersteine » posés en hommage aux familles Kahn et Greilsammer

(photos ToutMontbeliard.com)

Ce samedi 25 avril 2026, deux nouveaux pavés de la mémoire ont été posés à Montbéliard, au 29 rue Cuvier et au 4 passage de la Fleur, en hommage aux familles Kahn et Greilsammer, victimes de la déportation durant la Seconde Guerre mondiale. Cette cérémonie s’inscrit dans le travail de mémoire engagé autour des habitants juifs de la ville arrêtés lors de la rafle du 24 février 1944.

Des pavés pour ne pas oublier

Les pavés de la mémoire, appelés « Stolpersteine », sont de petits blocs recouverts d’une plaque en laiton gravée, installés dans l’espace public, généralement devant le dernier domicile librement choisi des victimes du nazisme. Ce projet artistique et mémoriel a été initié par l’artiste allemand Gunter Demnig. Chaque pavé mentionne le nom de la personne, son année de naissance, la date de son arrestation, de sa déportation et, lorsqu’elle est connue, celle de sa mort. L’objectif est de rappeler, au cœur de la vie quotidienne, le destin individuel des victimes du nazisme. Ces pavés sont aujourd’hui présents dans de nombreux pays européens et constituent le plus vaste mémorial décentralisé au monde. Ils sont posés symboliquement à l’endroit même où vivaient les victimes, permettant ainsi de redonner une identité et une histoire à ces hommes, femmes et enfants.

La rafle de Montbéliard en 1944

Le 24 février 1944, à Montbéliard, une rafle menée par les autorités nazies avec le concours du régime de Vichy a conduit à l’arrestation de 27 personnes de confession juive. Parmi elles figuraient plusieurs familles installées de longue date dans la ville. Après leur arrestation, elles ont été internées puis déportées vers les camps de concentration et d’extermination, notamment Auschwitz, où la grande majorité a été assassinée. Un seul survivant est connu : Pierre-Michel Kahn, alors âgé de 11 ans au moment des faits. Arrêté avec ses parents, il a été sauvé grâce à l’intervention d’une résistante locale, tandis que sa famille a été déportée et n’est jamais revenue.

Les familles Kahn et Greilsammer

Les familles Kahn et Greilsammer faisaient partie de la communauté juive montbéliardaise touchée par cette rafle. Installées en ville, elles y menaient une vie ordinaire avant l’Occupation. Comme de nombreuses familles juives en France à cette période, elles ont été progressivement exclues de la vie sociale par les lois antisémites, contraintes notamment de porter l’étoile jaune à partir de 1942 et soumises à des mesures de discrimination économique et sociale. Le 24 février 1944, elles sont arrêtées à leur domicile. Après leur passage en détention, elles sont transférées vers des camps d’internement, puis déportées. La plupart des membres de ces familles ont été assassinés dans les camps nazis. La pose de ces pavés à leurs anciennes adresses vient aujourd’hui matérialiser leur présence passée à Montbéliard et rappeler leur destin.

Un travail de mémoire ancré dans la ville

La cérémonie de ce samedi s’inscrit dans une démarche plus large de transmission et de mémoire. À Montbéliard, plusieurs initiatives ont été menées ces dernières années pour rappeler l’histoire de la rafle de 1944, notamment des commémorations et des hommages publics. La pose de pavés de la mémoire constitue une étape supplémentaire dans cette reconnaissance. En inscrivant les noms des victimes dans l’espace urbain, ces gestes contribuent à faire vivre leur souvenir et à transmettre cette histoire aux générations futures. Ces pavés, discrets mais visibles, invitent chacun à s’arrêter, à lire un nom, et à se souvenir.

plus d’infos > Reportage photo ToutMontbeliard.com « Pavés « Stolpersteine » à Montbéliard »

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