Selon une analyse publiée par Atmo Bourgogne-Franche-Comté, le changement climatique ne représente pas uniquement un enjeu environnemental ou sanitaire, mais également un risque économique majeur, y compris à l’échelle régionale.
Les travaux récents de l’économiste Adrien Bilal, récompensé par le Prix du Meilleur Jeune Économiste 2026, apportent un éclairage nouveau sur les impacts du réchauffement climatique. En s’appuyant sur une approche globale, basée sur l’évolution de la température moyenne mondiale, ces recherches montrent que les conséquences économiques pourraient être largement sous-estimées. Une hausse de 1°C pourrait ainsi entraîner, à long terme, une baisse de plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Dans les scénarios d’inaction, le coût pourrait être encore plus marqué. À l’horizon 2100, certaines estimations évoquent une économie mondiale potentiellement deux fois plus faible que dans un scénario sans réchauffement, traduisant un ralentissement durable de la croissance.
Des impacts déjà visibles sur l’économie
Au-delà des projections, les effets du changement climatique sont déjà perceptibles. La multiplication des événements météorologiques extrêmes, comme les canicules, sécheresses ou inondations, entraîne des perturbations de l’activité économique, des dommages aux infrastructures et une baisse de la productivité. Ces phénomènes se traduisent notamment par des pertes de rendement agricole, des conditions de travail plus difficiles lors des fortes chaleurs ou encore une incertitude accrue freinant les investissements. À l’échelle mondiale, ces impacts ne se compensent pas et tendent à s’accumuler.
Un coût estimé en milliards d’euros dans la région
En Bourgogne-Franche-Comté, le coût sociétal des émissions de gaz à effet de serre est estimé entre 5,8 et 15,6 milliards d’euros par an, soit entre 6 % et 17 % du PIB régional. Ces estimations, issues du modèle scientifique GIVE, restent prudentes car elles n’intègrent pas encore certains impacts comme les événements climatiques extrêmes ou la perte de biodiversité. Cet écart s’explique notamment par les hypothèses retenues concernant la prise en compte du bien-être des générations futures dans les calculs économiques.
Agir comme un investissement
Ces éléments convergent vers un constat partagé : le coût global du changement climatique est négatif et augmente avec chaque fraction de réchauffement supplémentaire. Dans ce contexte, les politiques de réduction des émissions et d’adaptation apparaissent non seulement comme des mesures environnementales, mais aussi comme des investissements économiques. Selon Atmo Bourgogne-Franche-Comté, chaque action de décarbonation contribue ainsi à limiter des pertes futures potentiellement plus importantes. À l’échelle locale, ces démarches sont présentées comme un levier pour préserver durablement l’activité économique et la qualité de vie sur le territoire.

