Jean André, Conseiller municipal d’opposition à Bethoncourt, communique :
« À Bethoncourt, la fermeture brutale de l’Eglise Saint-Paul pour raisons de sécurité soulève une question simple : gouverne-t-on avec une vision… ou à coups d’arrêtés ? Personne ne conteste la nécessité d’assurer la sécurité. Mais ce que nous contestons, c’est l’opacité totale qui entoure cette décision. Lors de sa campagne, le maire actuel promettait transparence et vérité. Aujourd’hui, ces engagements semblent déjà oubliés (3 semaines plus tard).
Où sont les explications ? Où sont les rapports ? Où est le projet pour ce bâtiment ? Car fermer une église, ce n’est pas un acte anodin. C’est une décision lourde de conséquences pour notre patrimoine, pour notre histoire et pour une partie importante de nos habitants.
Nous, ancienne équipe municipale, n’avons jamais géré le patrimoine dans l’improvisation ou le renoncement. Nous avons agi. Quand il a fallu sauver « la résidence du château », nous avons pris nos responsabilités en permettant sa réhabilitation par un acteur privé, plutôt que de le laisser tomber en ruine. Quand il a fallu répondre aux besoins sociaux, nous avons acquis un bâtiment du diocèse pour créer une épicerie sociale, à deux pas de l’Eglise Saint-Paul. Quand une église ne pouvait plus être utilisée, nous avons fait le choix de la céder intelligemment : l’Eglise Sainte-Thérèse a ainsi été transformée par Néolia en logements adaptés, utiles et dignes. Voilà ce que c’est, une politique : anticiper, décider, transformer.
Aujourd’hui, que voyons-nous ? Un bâtiment fermé. Aucune perspective annoncée. Et un silence préoccupant. L’Eglise Saint-Paul n’est pas un problème à mettre sous clé. C’est un élément majeur du patrimoine de Bethoncourt, avec une architecture singulière et une valeur symbolique forte. La laisser s’abîmer serait une faute grave. Nous avons toujours respecté les lieux de culte et les croyances. Parce qu’ils sont des repères, des piliers pour beaucoup de nos concitoyens. Les abandonner, c’est abandonner une partie de notre identité collective.
Et que dire du calendrier ? En pleine période de fêtes religieuses, cette fermeture envoie un signal désastreux. Alors nous le disons clairement : il ne suffit pas de fermer pour se protéger politiquement. Il faut expliquer. Il faut assumer. Il faut surtout agir.
Le maire doit sortir du silence et dire la vérité aux habitants : quel est l’état réel de l’église ? combien coûtera sa remise en état ? et surtout, que compte-t-il en faire ? Pourquoi votre colistière, présidente de l’association du patrimoine depuis 1960, nous vous pas alerter de la situation ? À Bethoncourt, nous refusons une gestion à vue et sans cap. Un patrimoine ne se met pas sous scellés. Il se défend« .

