Bioéthanol et colza : Pays de Montbéliard Agglomération équipe progressivement sa flotte de véhicules

(photo PMA)

Pays de Montbéliard Agglomération poursuit l’évolution de son parc de véhicules en intégrant des solutions techniques présentées comme moins coûteuses, plus écologiques et immédiatement mobilisables. La collectivité déploie ainsi le carburant B100, issu du colza français, pour plusieurs camions de service, ainsi que le bioéthanol pour une partie de ses véhicules légers. Cette démarche vise à adapter les motorisations aux usages des services, à optimiser les coûts de fonctionnement et à diversifier les sources d’énergie utilisées au quotidien.

Le colza comme carburant pour les poids lourds

Pays de Montbéliard Agglomération développe l’utilisation du B100 – Oleo100, un biocarburant produit à partir de colza cultivé et transformé en France. Destiné aux poids lourds diesel compatibles, ce carburant constitue une alternative directe au gazole, sans modification majeure des véhicules, tout en conservant des performances techniques équivalentes. Selon les données de la filière, son utilisation permettrait de réduire jusqu’à 60 % les émissions de gaz à effet de serre et jusqu’à 80 % les émissions de particules par rapport au gazole. Issu d’une filière française, ce carburant valorise également la culture du colza. Après extraction de l’huile, les résidus solides sont utilisés pour l’alimentation animale.

Dans un premier temps, 13 camions du service déchets et des services techniques sont concernés. Il s’agit notamment de bennes à ordures ménagères, de camions plateaux, d’un camion de déchetterie, d’un véhicule de collecte sélective, d’un camion grue et d’un camion de dépannage. Pour accompagner ce déploiement, une cuve de stockage dédiée a été installée sur le site de dépôt du réseau de bus Evolity, à la Charmotte à Voujeaucourt, afin d’assurer l’approvisionnement des véhicules. Les mécaniciens du service garage de la collectivité ont également été formés aux opérations d’entretien et d’adaptation nécessaires. La conversion de ces véhicules représente un investissement d’environ 18 000 €, en grande partie financé par des dispositifs d’aide.

Le bioéthanol pour les véhicules légers

Dans le prolongement de cette stratégie, engagée avant la hausse des prix des carburants, Pays de Montbéliard Agglomération a également étudié plusieurs solutions pour limiter les coûts liés aux déplacements professionnels. Le parc de véhicules légers comprend 64 berlines, dont 41 motorisations essence, 17 diesel, 5 électriques et 1 hybride. Parmi les solutions retenues figure le bioéthanol (E85), un carburant renouvelable produit à partir de biomasse végétale.

Actuellement, ce carburant est présenté comme environ deux fois et demi moins cher que l’essence. Il est composé jusqu’à 85 % d’éthanol et 15 % d’essence, cette dernière permettant notamment d’assurer le démarrage du moteur, y compris par temps froid. Produit en France sans huile de palme, le bioéthanol est issu de la fermentation des sucres et de l’amidon contenus dans des cultures comme la betterave sucrière, les céréales ou leurs résidus. Il s’agit aujourd’hui du biocarburant le plus utilisé au niveau mondial.

Pour permettre son utilisation, 26 véhicules essence du parc ont été équipés d’un boîtier de conversion homologué, installé dans un garage agréé. Ce dispositif permet une modification de la carte grise et l’obtention d’une classification Crit’Air 1. Les véhicules peuvent ensuite fonctionner indifféremment à l’essence ou au bioéthanol. Grâce à cette opération, la part de véhicules légers fonctionnant avec des carburants à faible émission passe de 10 % à 35 %.

Un investissement amorti rapidement

Le coût total de cette opération s’élève à 41 456,40 € TTC, entièrement financé par Pays de Montbéliard Agglomération. Pour 26 véhicules essence consommant en moyenne 6,5 litres aux 100 kilomètres et parcourant environ 9 000 kilomètres par an, la consommation annuelle est estimée à 15 210 litres. Avec un prix moyen observé début 2026 de 1,84 € par litre pour l’essence et de 0,76 € pour le bioéthanol, l’économie atteint 1,08 € par litre, soit près de 16 500 € par an. Cette économie permet d’amortir rapidement l’investissement initial engagé par la collectivité.

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