UNSA-Education communique :
« Le CSASD traitant de la carte scolaire des écoles maternelles, élémentaires ou primaires s’est tenu aujourd’hui mercredi 1er avril, après la « saga budget » épuisante. Nous ne souhaitons pas revenir ici sur les choix de politique générale qui ne font pas des services publics leur priorité et nous amènent aujourd’hui à devoir rendre 21 postes, nous éloignant encore de toute justice et cohésion sociale.
L’UNSA-Éducation préfère utiliser cette instance locale pour construire l’avenir des écoles du Doubs, en ne se contentant pas de compter les postes. L’éducation nationale doit donner des droits et des chances identiques à l’ensemble de nos élèves. Ainsi, aucune fermeture ne peut être décidée sans une analyse complète de la situation. Les chiffres ne suffisent pas : les réalités de terrain doivent compter. Et les réalités de terrain, ce sont des écoles rurales, terreau de la vitalité et de l’attractivité de nos villages. Ce sont des écoles de ville où les actions pédagogiques visant la réussite de chaque élève sont prioritaires. Ce sont des enseignants engagés pour que chaque enfant puisse avoir sa place à l’école, quelques soient ses besoins éducatifs.
A l’UNSA Education, on souhaite s’engager pour préparer une rentrée scolaire qui donne les moyens à l’Ecole d’accueillir, éduquer, et accompagner les élèves selon la complexité des besoins de la société d’aujourd’hui et de demain. C’est dans ce sens que nous vous avons demandé à Monsieur l’Inspecteur d’académie la révision des seuils utilisés en carte scolaire fixés aujourd’hui à 27 élèves en élémentaire et 30 en maternelle. La spécificité des seuils de maternelle à 30 élèves n’est, selon nous, plus valable depuis l’obligation d’instruction des enfants dès 3ans. De plus, 27 élèves par classe en 2026 n’est plus tenable pour mettre en place une pédagogie différenciée, inclusive, efficace et bienveillante.
Dans le même esprit, et parce que l’Ecole doit s’adapter à son époque et aux évolutions sociétales, nous avons demandé que chaque enfant accueilli dans nos écoles soit comptabilisé : nos élèves de 2 ans, ceux en scolarité partagée entre une unité d’enseignement spécialisée et une classe ordinaire, ou encore ceux bénéficiant d’une dérogation…Ces enfants sont présents dans nos écoles, nous les accueillons, nous les encadrons, ils comptent pour nous…ils doivent compter aussi pour l’administration.
L’UNSA Education dans le Doubs n’a pas choisi la grève comme moyen d’action. Nous avons invité les conseils des écoles figurant dans le projet de fermeture de M. l’Inspecteur d’académie à faire part de leurs réalités dans une motion. Professionnels, élus, parents d’élèves, chacun avec son prisme et son expertise de la situation de l’école s’accordant à dire qu’une fermeture détériorerait les conditions de vie dans ces écoles.
Suite au dialogue social entre administration et représentants des personnels, M. le DASEN accepte de travailler à la définition de nouveau seuils et à la question de la première scolarisation des élèves de 2 ans. De plus, 37 projets de fermeture ont été annulées portant leur nombre à 72 au lieu de 109. Les ouvertures de classes sont au nombre de 27 à cette date avec une réévaluation des besoins en juin et en septembre (infos sur www.se-unsa.org/2026/03/25-csa-sd-carte-scolaire-rentree-2026). Dans le second degré cette fois, dans nos établissements, la dotation est en forte baisse et se traduira par des suppressions de divisions dans les établissements, un nombre d’élèves par division qui augmente et qui devient difficilement gérable, des suppressions de postes et des compléments de service qui vont encore se multiplier.
La baisse démographique ne peut justifier une telle hémorragie de moyens. Les besoins éducatifs ne se résument plus à des effectifs : Les dotations doivent désormais être calculées en considérant la prise en charge des difficultés sociales, des fragilités culturelles, de la ruralité et l’accompagnement des élèves en difficultés et en situation de handicap. Nos classes ont changé et supprimer des postes, c’est affaiblir l’Ecole, mettre à mal l’avenir de nos élèves, en particulier les plus fragiles, et la stabilité de nos établissements, fragiliser un peu plus un pilier essentiel de notre pacte républicain. Gouverner c’est choisir, le gouvernement avec ce budget a fait le choix de fragiliser L’Ecole, la réussite des élèves et les conditions de travail des enseignants déjà malmenés et sous-payés« .

