Le marché du travail se dégrade en Bourgogne-Franche-Comté

Photo d'illustration (photo Adobe Stock / ArLawKa)

**Le marché du travail se dégrade en Bourgogne-Franche-Comté**

L’année 2025 confirme un ralentissement du marché du travail en Bourgogne-Franche-Comté, dans un contexte économique marqué par des incertitudes persistantes. Si l’économie française résiste globalement, la région enregistre une dégradation progressive de l’emploi et une hausse du chômage.

Une économie française fragile malgré une certaine résistance

En 2025, l’économie française a bénéficié d’un contexte européen plus favorable, malgré les incertitudes politiques et les tensions internationales. La croissance s’établit à +0,9 %, légèrement en retrait par rapport à 2024. Le ralentissement est toutefois perceptible en fin d’année, avec une progression limitée à +0,2 % au quatrième trimestre. Début 2026, la hausse des prix de l’énergie ravive l’inflation, attendue autour de 2,0 % au printemps. La croissance resterait modérée au premier semestre, sans véritable impact positif sur l’emploi. Au niveau national, le marché du travail montre des signes d’essoufflement : l’emploi salarié recule légèrement et le taux de chômage atteint 7,9 % fin 2025, avec une tendance à la hausse.

Un recul confirmé de l’emploi en région

En Bourgogne-Franche-Comté, la situation apparaît plus dégradée. Après une période de stabilité, le recul de l’emploi salarié amorcé fin 2024 s’est confirmé en 2025. L’activité économique régionale, mesurée par les heures rémunérées, diminue de 0,9 % sur un an. Au total, la région compte 988 900 emplois salariés fin 2025, soit une baisse de 0,6 % en un an. Le secteur privé est particulièrement touché avec un recul de 0,8 %, tandis que l’emploi public se stabilise après plusieurs années de progression. Tous les départements sont concernés par cette baisse, avec des reculs allant de -0,3 % en Saône-et-Loire à -1,4 % dans le Territoire de Belfort. Les territoires de l’est, dont le nord Franche-Comté, apparaissent les plus affectés.

Des secteurs d’activité sous pression

La majorité des secteurs économiques enregistre une baisse des effectifs. L’intérim poursuit son recul (-2,8 %), tout comme la construction (-1,2 %), pénalisée par une reprise encore timide des mises en chantier. L’industrie continue également de perdre des emplois (-0,9 %), notamment dans la fabrication de matériels de transport. À l’inverse, certains secteurs résistent, comme l’agroalimentaire, en progression depuis 2023. Dans le tertiaire, la situation est contrastée. Les emplois diminuent globalement, mais l’hébergement-restauration affiche une légère hausse (+0,8 %), portée par une fréquentation touristique en amélioration durant l’été 2025. Le secteur de la santé reste également dynamique dans le non marchand. Par ailleurs, l’emploi agricole progresse de 3 % sur l’année, dans un contexte de filières aux évolutions contrastées.

Une hausse marquée du chômage, notamment à Montbéliard

Fin 2025, le taux de chômage atteint 7,1 % en Bourgogne-Franche-Comté, en hausse de 0,6 point sur un an. Cette progression concerne l’ensemble des départements. La zone d’emploi de Montbéliard se distingue particulièrement avec une hausse de 1,7 point en un an. Elle affiche désormais le taux de chômage le plus élevé de la région, à 11,8 %. À l’inverse, certaines zones comme Beaune restent moins exposées. Cette dégradation s’accompagne d’une hausse du nombre d’inscrits à France Travail, en partie liée à la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi.

Entre difficultés et signaux contrastés

Le nombre de défaillances d’entreprises progresse également en 2025 (+3,5 %), atteignant un niveau élevé sur la dernière décennie, même si la hausse ralentit. Dans le même temps, le nombre d’emplois menacés dans les entreprises en difficulté diminue. Le recours à l’activité partielle poursuit sa baisse, avec 960 000 heures indemnisées en 2025 contre 1,8 million en 2024. Les entreprises y ont donc moins recours malgré le contexte économique. Enfin, les créations d’entreprises atteignent un niveau record dans la région, en hausse de 5,4 %. Cette dynamique est largement portée par les micro-entreprises, qui représentent les deux tiers des nouvelles immatriculations.

Au final, l’année 2025 illustre une économie régionale en ralentissement, marquée par une dégradation du marché du travail. Malgré quelques indicateurs positifs, la tendance reste orientée à la baisse, notamment dans les territoires industriels comme le Pays de Montbéliard.

infos > www.insee.fr

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