Ces derniers jours, une alerte aux pollens de bouleau a été déclenchée en Bourgogne-Franche-Comté par ATMO Bourgogne-Franche-Comté. Si la situation a été temporairement atténuée par des conditions météorologiques moins favorables à leur dispersion, le retour du soleil et la hausse des températures devraient favoriser une nouvelle présence importante de pollens dans l’air dans les prochains jours.
Invisibles à l’œil nu, ces grains microscopiques peuvent provoquer des symptômes parfois très gênants chez les personnes sensibles. Selon les prévisions, l’exposition devrait se poursuivre plusieurs semaines, notamment lors des journées ensoleillées du printemps.
Un pollen particulièrement allergisant
La pollinisation des bouleaux, reconnaissables à leurs troncs blancs souvent marqués de taches grises ou noires, a débuté dans une large partie du nord-est de la France, dont la Bourgogne-Franche-Comté. Les pollens devraient rester présents dans l’air jusqu’à la fin du mois d’avril.
Le pollen de bouleau est considéré comme particulièrement allergisant. Même en faible quantité, il peut provoquer des réactions chez les personnes sensibles. L’allergie correspond à une réaction excessive du système immunitaire qui considère ces particules, normalement inoffensives, comme une menace. L’organisme libère alors de l’histamine, entraînant une inflammation des muqueuses.
Chez les personnes allergiques, l’inhalation de ces pollens peut entraîner différents symptômes : rhinites avec irritation du nez, crises d’éternuements, écoulement nasal, obstruction nasale, conjonctivites, toux ou sifflements respiratoires. Dans certains cas, de l’asthme, de la fatigue, des maux de tête ou des réactions cutanées peuvent également apparaître.
Certaines personnes allergiques au bouleau peuvent par ailleurs présenter des réactions croisées avec certains fruits de la famille des rosacées, comme la pomme, la pêche ou la cerise.
Pollution et changement climatique en cause
La sensibilité aux pollens varie selon les âges. On estime qu’entre 7 et 20 % des enfants et près de 30 % des jeunes adultes peuvent être concernés. La pollution atmosphérique peut aggraver les symptômes. Des polluants comme le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou l’ozone fragilisent l’enveloppe des grains de pollen, ce qui facilite la libération de leurs composants allergènes. Par ailleurs, ces polluants irritent les voies respiratoires et rendent les muqueuses plus sensibles.
Les particules fines peuvent également augmenter le risque de sensibilisation. Ainsi, lors d’épisodes printaniers de pollution ou de passages de poussières sahariennes, les symptômes allergiques peuvent s’intensifier. Les journées pluvieuses ou les gelées tardives restent les rares moments pouvant apporter un certain répit.
Plusieurs études évoquent également le rôle du changement climatique. L’augmentation des températures et la concentration plus élevée de dioxyde de carbone pourraient prolonger la période de pollinisation, modifier la répartition des pollens et accroître leur potentiel allergisant.
Les bons gestes à adopter
Pour les personnes allergiques, la prise d’un traitement prescrit par un médecin ou un allergologue avant un pic pollinique peut permettre de limiter les symptômes.
Au quotidien, plusieurs gestes simples peuvent également réduire l’exposition aux pollens. Il est recommandé d’aérer son logement tôt le matin ou en soirée et de garder les fenêtres fermées le reste de la journée. Les promenades à l’extérieur sont à éviter par temps sec et ensoleillé, en particulier entre 9h00 et 18h00. Le port de lunettes de soleil peut protéger les yeux du contact avec les pollens. En voiture, il est conseillé de rouler vitres fermées. Il est également préférable d’éviter de faire sécher son linge à l’extérieur pendant les périodes de forte présence de pollens. Enfin, se rincer les cheveux le soir avant de se coucher permet de limiter le transfert de pollens accumulés dans la journée sur l’oreiller.
En cas de symptômes allergiques persistants, il est recommandé de consulter un médecin ou un allergologue. Dans certains cas, une désensibilisation, appelée aussi immunothérapie, peut être proposée afin de réduire durablement la sensibilité aux pollens.

