Matthieu Bloch : « Offre de soins en Nord-Franche-Comté : il est temps d’agir »

Matthieu Bloch, Député UDR de la 3ème circonscription du Doubs, a posé une question orale au Gouvernement à Jean-Paul Farandou, Ministre du Travail et des Solidarités :

« (…) Je souhaite vous alerter avec gravité sur la dégradation de l’offre de soins dans le Nord-Franche-Comté. Ce que vivent aujourd’hui les plus de 300 000 habitants de notre territoire, c’est une difficulté croissante à se soigner — simplement, dignement et rapidement. Partout, sur le terrain, j’entends nos concitoyens se plaindre de la prise en charge au pôle médian de Trévenans. Ils n’en veulent évidemment pas aux soignants — qui font un travail admirable dans des conditions très difficiles — mais ils constatent une réalité simple : l’hôpital n’est pas dimensionné pour répondre à la demande.

Et il faut avoir le courage de le dire : cette situation n’est pas seulement conjoncturelle. L’Hôpital Nord Franche-Comté, dont le site principal est à Trévenans, est issu de la fusion des hôpitaux de Belfort et de Montbéliard, décidée au début des années 2000, avec un objectif clair : améliorer l’offre de soins et offrir davantage de services à nos habitants. Le site médian a ouvert en 2017. Mais, dans sa conception même, cet établissement n’a pas été dimensionné à la hauteur des besoins du territoire.

Aujourd’hui, chacun le constate : il n’y a pas suffisamment de lits. Et ce sous-dimensionnement produit des effets en chaîne. Les urgences sont quasi constamment saturées, épuisant des personnels pourtant exemplaires. Et les patients n’auront jamais aussi bien porté leur nom : ils attendent des heures, dans des conditions spartiates, parfois même indignes.

Le plan blanc a encore dû être déclenché cet hiver, sans être justifié pourtant par une crise sanitaire. Derrière, les services sont engorgés, faute de places. Cette gestion de crise permanente n’est pas compatible avec une politique de santé de qualité. Et les conséquences sont très concrètes : de nombreux patients m’indiquent préférer se rendre au CHU de Besançon, à une heure de route, plutôt que de se faire soigner dans leur hôpital de proximité.

Les habitants n’en peuvent plus. Et, dans le même temps, ils apprennent que ce qui fonctionne bien pourrait être remis en cause. Vous le savez, Monsieur le ministre : le projet de transfert de la cancérologie du Mittan vers Trévenans ne passe pas. Nous avons déjà eu l’occasion, avec les élus du Pays de Montbéliard, d’alerter les précédents ministres de la Santé sur ce sujet.

Comment comprendre qu’un hôpital déjà sous-dimensionné envisage d’accueillir un service supplémentaire, alors même que ce service fonctionne très bien aujourd’hui, dans un cadre adapté à la prise en charge des cancers, et dans le respect de l’équilibre territorial entre Belfort et Montbéliard initialement promis ?

Alors je vous pose deux questions simples : Que comptez-vous concrètement mettre en œuvre pour redimensionner l’offre de soins dans le Nord-Franche-Comté — en lits, en personnels, en organisation — afin de répondre réellement aux besoins d’un territoire qui s’étend sur trois départements ? Et allez-vous mettre un terme définitif au projet de transfert de l’oncologie, perçu comme technocratique et massivement rejeté par la population comme par les élus ?

Les habitants n’attendent pas que l’on fragilise ce qui fonctionne. Ils attendent que l’on corrige enfin ce qui fonctionne mal — en particulier le sous-dimensionnement des urgences et des services à Trévenans« .

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