Moins de naissances et davantage de décès : la population continue de diminuer en Bourgogne-Franche-Comté

Photo d'illustration (photo Adobe Stock / ArLawKa)

En 2025, selon l’Insee, la population de la Bourgogne-Franche-Comté poursuit sa baisse, une tendance engagée depuis 2016. À rebours de la dynamique nationale, la région enregistre un recul démographique continu alors que la population de la France métropolitaine continue de croître.

Au 1er janvier 2023, 2 802 670 habitants résident en Bourgogne-Franche-Comté. La diminution de la population s’explique par un solde naturel déficitaire, c’est-à-dire un nombre de décès supérieur au nombre de naissances. Ce déficit, observé dans la région depuis 2016, n’est pas compensé par les mouvements migratoires.

Un déficit naturel inédit depuis au moins 50 ans

En 2025, le solde naturel atteint -10 000, son niveau le plus bas depuis au moins un demi-siècle. Il représente à lui seul un peu plus de la moitié du déficit naturel enregistré en France métropolitaine. Désormais, tous les départements de la région sont concernés par cette situation. Cette évolution s’explique à la fois par une baisse continue des naissances et par une hausse du nombre de décès, dans un contexte de vieillissement marqué de la population.

Une baisse durable des naissances

En 2025, près de 21 900 bébés sont nés en Bourgogne-Franche-Comté, soit une diminution de 1,9 % en un an, un recul légèrement plus marqué qu’au niveau national. La tendance est engagée depuis 2010. En dix ans, la région a enregistré 7 500 naissances de moins. La diminution du nombre d’enfants par femme explique 84 % de cette baisse. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,50 enfant par femme en 2025, contre 1,90 en 2015. Comme ailleurs en France, la fécondité recule de manière continue. La baisse est particulièrement marquée chez les femmes les plus jeunes. En dix ans, le nombre de naissances issues de mères de moins de 40 ans a diminué de 24 %, tandis que celui des femmes plus âgées est resté stable. L’âge moyen des mères à l’accouchement atteint désormais 30,4 ans, soit 0,6 an de plus qu’en 2015. Par ailleurs, le nombre de femmes en âge de procréer, âgées de 14 à 49 ans, recule de 10 % depuis 2010. La diminution est encore plus prononcée chez les 20-39 ans (-11 %), contribuant également à la baisse globale des naissances.

Davantage de décès dans une population vieillissante

En 2025, près de 31 900 décès ont été enregistrés dans la région, soit 500 de plus que l’année précédente, correspondant à une hausse de 2,3 %, supérieure à celle observée au niveau national (+1,0 %). Une épidémie de grippe particulièrement virulente en janvier 2025 a contribué à cette augmentation. Au-delà de cet épisode conjoncturel, la progression du nombre de décès s’inscrit dans une tendance de long terme. En dix ans, la région compte 2 400 décès supplémentaires. Si l’amélioration de l’état de santé aurait permis d’éviter environ 3 300 décès, le vieillissement de la population aurait entraîné 5 700 décès supplémentaires sur la période. Les générations nombreuses du baby-boom atteignent désormais des âges avancés. Fin 2025, les personnes âgées de 75 ans ou plus représentent 12,9 % de la population régionale, contre 10,7 % fin 2015, soit près d’un habitant sur huit. La probabilité de décès augmentant avec l’âge, cette évolution structurelle pèse sur la démographie régionale.

Le taux de mortalité s’établit à 11,4 ‰ en 2025, supérieur à la moyenne nationale (9,5 ‰). L’espérance de vie à la naissance progresse légèrement pour les femmes comme pour les hommes, mais demeure inférieure à celle observée en France métropolitaine, avec un écart de 0,6 an pour les femmes et de 1,4 an pour les hommes. Cette situation s’explique notamment par un état de santé globalement moins favorable, en particulier sur le plan cardiovasculaire, se traduisant par une mortalité prématurée plus élevée. Dans ce contexte, le déséquilibre générationnel s’accentue en Bourgogne-Franche-Comté, où la part des personnes âgées continue de progresser tandis que le nombre de naissances diminue.

infos > www.insee.fr

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