Géraldine Grangier, Députée Rassemblement National de la 4ème circonscription du Doubs, communique :
« J’ai présenté ce mercredi 18 février 2026 le rapport de la mission d’enquête « flash » concernant la prévention et la gestion des crises sanitaires dans les élevages, que j’ai co-écrit avec deux de mes collègues, après l’audition d’une cinquantaine d’acteurs et un déplacement sur des élevages en Bourgogne Franche-Comté.
Après l’apparition des premiers cas de DNC en Savoie fin juin 2025 puis de l’apparition de plusieurs foyers sur le territoire national malgré l’application stricte du protocole d’éradication, la question de la gestion de la crise sanitaire et de l’évolution de son protocole s’imposait. Aussi, j’ai sollicité l’ouverture d’une mission d’enquête à la commission des affaires économiques. Celle-ci a été acceptée sous forme de mission flash, le rapport devant être rendu public avant l’ouverture du salon de l’agriculture.
L’apparition de nouveaux virus telle que la DNC sur notre territoire révèle une évolution structurelle : les maladies vectorielles animales s’inscrivent désormais dans un environnement marqué par le changement climatique, l’évolution des écosystèmes agricoles et l’intensification des mouvements de populations. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale qui ne se transmet pas à l’Homme et qui affecte uniquement les bovins. Son mode de transmission est principalement vectorielle, par l’intermédiaire d’insectes (taons, mouche). La période d’incubation peut atteindre 28 jours, et une proportion significative d’animaux infectés demeure asymptomatique. Classée en catégorie A, par l’Union européenne, la DNC fait partie des maladies considérées comme particulièrement dangereuses. Absente du territoire européen, la réglementation préconise une éradication immédiate en raison de son fort potentiel de diffusion et de ses impacts sanitaires et économiques considérables.
La stratégie d’éradication traduit donc une exigence légitime de protection du territoire français mais aussi européen. Sa réussite repose sur un équilibre entre rigueur scientifique, efficacité opérationnelle et acceptabilité par les acteurs de terrain. L’adhésion des éleveurs constitue un déterminant central de l’efficacité sanitaire. La réponse sanitaire choisie par la France et soutenue par le « Parlement sanitaire » repose sur un protocole qui s’impose dans des zones réglementées : abattage total du foyer infectieux, restriction des mouvements d’animaux, surveillance étroite et mesures de biosécurité, vaccination de masse.
Le bilan des auditions menées par les trois corapporteurs a démontré que le protocole d’éradication avait présenté des failles au niveau local et National. Il propose 10 recommandations afin d’améliorer la prévention et la gestion des crises sanitaires futures.
Pour moi, il est nécessaire de rendre les éleveurs acteurs des décisions qui les concernent en améliorant le fonctionnement démocratique des instances sanitaires où le protocole est élaboré, la diffusion d’informations et les échanges avec les services décentralisés de l’Etat. De plus, Le maintien de la vaccination, pierre angulaire de la lutte contre la DNC doit être poursuivi et généralisé en zone élargie. Pour ce faire, l’utilisation d’un vaccin DIVA permettant de différencier un animal asymptomatique d’un animal vacciné devrait être une priorité pour l’Etat français. En effet, les limites du vaccin actuel (acheté à un laboratoire néerlandais) conduisent à l’abattage total des foyers infectés même vaccinés et freinent les exportations d’animaux vivants avec de nouveaux accords beaucoup plus contraignants imposés par les pays importateurs.
Aussi, pour ma part, face à l’émergence de nouveau virus et alors que la France ne produit plus de vaccin sur son territoire, il est urgent d’investir dans la recherche sanitaire animale et de soutenir la réindustrialisation de la production de vaccins. Il en va de notre souveraineté sanitaire« .

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