Le représentant des intérêts de la SAS Kevali, actionnaire du FC Sochaux-Montbéliard, communique après avoir mis en vente ces 260 000 € d’actions (notre info « Un actionnaire du FC Sochaux-Montbéliard vend ses parts sur le Bon coin à 260 000 €« ), en appelant à la vente du club :
« L’Assemblée Générale Extraordinaire qui s’est tenue le vendredi 13 octobre 2025, en amont du match opposant le FCSM à Paris 13 Atletico, s’est déroulée dans un climat serein, malgré l’actualité particulièrement agitée de la semaine. Ma participation, vivement conseillée et influencée, en visioconférence a contribué à garantir la bonne tenue des débats. 80 % des parts détenues étaient représentées lors de cette réunion. Les 20 % restants étaient soit indisponibles, soit opposés à participer aux échanges ou réticents à se prononcer lors des votes. Le détail de ces votes est précisé ci-dessous.
Il a été confirmé qu’à aucun moment une réduction du capital n’avait été envisagée lors de l’Assemblée Générale du 15 octobre 2025. L’augmentation de capital avait alors été évoquée dans les mêmes termes que celle de juillet 2024 et avait recueilli l’unanimité des actionnaires. L’action demeurait valorisée à 16 euros l’unité. La dilution des parts était donc considérée comme normale et acceptable : ceux qui ne participaient pas à l’effort d’augmentation de capital ne pouvaient reprocher une dilution à ceux qui y contribuaient. Ce point faisait consensus.
L’apport réalisé en août 2023, ajouté à l’augmentation de capital de juillet 2024, devait permettre d’assurer le financement du club pour une durée de trois ans. À l’issue de cette période, les actionnaires prévoyaient, selon les débats de l’AG du 15 octobre 2025, une nouvelle levée de fonds sur le modèle de celle de juillet 2024. Cependant, le 26 janvier 2025, lors d’une réunion informelle d’actionnaires, la situation a évolué. Les administrateurs et membres du Conseil de Surveillance ont mis en avant une valorisation du club réalisée par le cabinet Accuracy, à un niveau très inférieur à celui du capital social, afin de justifier une réduction de celui-ci.
À ce jour, il ne semble pas qu’un autre cabinet ait été consulté afin de comparer les valorisations et de retenir l’évaluation la plus favorable aux actionnaires. Si tel était le cas, cela appellerait des explications. Les modalités de cette valorisation demeurent imprécises. Il est surprenant que ne soient pas pleinement intégrés certains éléments tels que la dynamique sportive actuelle du club, les bonus attendus lors de futures cessions de joueurs (Robinio Vaz et autres), ainsi que les montants liés aux transferts en cours ou à venir (Samuel Loubao et autres). Ces éléments ne valorisent certes pas directement le capital, mais ils participent à la valeur intrinsèque du club, les joueurs constituant des actifs, même circulants. La valorisation semble davantage fondée sur l’état des charges présentes et futures que sur les perspectives de recettes.
En conséquence, le capital a été réduit non pas de 16 à 10 euros, comme certains ont pu le croire, mais de 16 à 6 euros, soit une diminution de 62,5 % des apports réalisés en août 2023 et juillet 2024. La communication autour de ce point a manifestement manqué de clarté.
Le Conseil de Surveillance a cherché à rassurer les actionnaires en affirmant qu’aucune action ne leur serait retirée. Heureusement ! Toutefois, la question ne porte pas sur le nombre d’actions détenues, mais sur leur valeur réelle. Par ailleurs, il a été avancé qu’en cas de cession du club, celle-ci ne se ferait pas sur la base de ce nouveau capital inférieur aux 5 millions d’euros réunis en août 2023 pour sauver le club. Il n’a toutefois pas été rappelé que les collectivités pourraient être amenées à récupérer prioritairement l’intégralité de leurs apports de l’été 2023. Dans ce contexte, les petits actionnaires ou les « mis à l’écart » ne bénéficiant pas de mécanismes de compensation pourraient ne récupérer qu’une part résiduelle.
Le dispositif de compensation évoqué demeure, lui aussi, complexe et insuffisamment défini reposerait sur une base de 3 euros par action détenue et s’opérerait de gré à gré entre actionnaires. Aucun mécanisme collectif ou solidaire comme je l’avais suggéré n’a été présenté pour mutualiser cette compensation, ce qui pourrait créer des disparités entre actionnaires. L’augmentation de capital de 5 millions d’euros annoncée entre mi-février et mi-juin entraînera mécaniquement une nouvelle dilution des parts existantes. Elle est présentée comme nécessaire pour améliorer la situation financière vis-à-vis de la DNCG.
La perspective d’une montée en Ligue 2 est mise bien en avant pour justifier de futures recettes supplémentaires. Néanmoins, l’accession à cet échelon implique également des charges accrues. À titre indicatif, la perte moyenne d’un club de Ligue 2 disposant d’un centre de formation comparable au FCSM est estimée à environ 7 millions d’euros par an. Une analyse globale intégrant l’ensemble des recettes et des dépenses apparaît indispensable pour apprécier la viabilité du modèle à moyen terme : le modèle sochalien ne serait pas viable à l’horizon 2028. Un centenaire et puis la mort.
Le modèle actuel reposant sur 45 actionnaires soulève des interrogations quant à sa pérennité. Il semble peu probable qu’un investisseur majeur local s’engage durablement sans clarification préalable de la gouvernance et de la stratégie.
J’appelle donc le club à engager des démarches auprès d’un cabinet spécialisé ou d’une banque d’affaires afin d’identifier un investisseur solide ou un partenaire européen de premier plan, à l’image d’Arsenal FC, susceptible de garantir la stabilité à long terme du club. À titre personnel, j’ai établi un contact informel avec ce dernier club, sans représenter officiellement le FCSM. J’invite également les collectivités et les élus à examiner attentivement la situation, notamment dans un contexte électoral, afin de défendre les intérêts des contribuables ayant contribué au sauvetage du club.
Concernant les résolutions soumises au vote, j’ai voté conformément aux instructions des actionnaires que je représente, qu’ils aient été formellement présents ou non, en m’opposant à l’ensemble des résolutions, à l’exception de celles réservées aux salariés du FCSM (consigne qui était donnée par les administrateurs de voter contre les salariés du club pour ce qui concerne l’augmentation de capital qui leur est réservée par l’art. L.225-129-6 du Code du Commerce) et la délégation donnée à In Extenso pour la publication des décisions : je me suis abstenu pour ces deux derniers points. Je compatis avec les salariés du FCSM et représentants du personnel : ils vous ferment la porte… Je précise avoir été le seul à voter de cette manière ; l’ensemble des autres actionnaires s’est prononcé à l’unanimité en faveur des résolutions proposées, pour et contre.
Il convient de respecter le résultat d’un vote. Toutefois, cela ne saurait empêcher les supporters, socios et actionnaires exprimant des réserves de poursuivre le débat. Notre priorité demeure la pérennité du FCSM« .
