Montbéliard : un jeune homme enlevé puis retrouvé ligoté, une enquête ouverte pour enlèvement en bande organisée

Le Procureur de la République de Montbéliard Paul-Edouard Lallois (photo Tribunal judiciaire de Montbéliard)

Un enlèvement de courte durée s’est produit dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 février 2026 à Montbéliard. Le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, nous détaille les circonstances de cette affaire.

Les faits débutent peu avant minuit, lorsqu’un jeune homme de 20 ans, domicilié à Montbéliard, se trouve dans son véhicule avec une amie. Il reçoit alors un appel téléphonique « d’un individu qu’il semble connaître puisqu’il s’appelle par leur prénom« , lui donnant rendez-vous dans le quartier de la Chiffogne.

Arrivé une première fois sur place, il est rappelé pour préciser le lieu exact du rendez-vous. Il se rend alors dans « une voie sans issue avec des garages, des box« , où « surgit un véhicule type Renault Clio duquel sortent plusieurs individus« . Selon le Procureur, « on a une notion de quatre ou cinq individus armés, quasiment tous armés« , avec « à la fois des armes de poing et des armes longues« .

Le jeune homme est forcé de sortir de son véhicule tandis que son amie est menacée. « Un des individus membres du commando va aller au contact de la jeune femme pour lui prendre son téléphone et la menacer de ne surtout pas prévenir la police« , précise Paul-Edouard Lallois. La victime est ensuite emmenée de force dans le véhicule du groupe.

Une intervention rapide des policiers

La jeune femme, en état de choc, rejoint des amis dans le quartier de la Petite-Hollande avant de prévenir la police. « Le commissariat de Montbéliard est aussitôt avisé » et des patrouilles sont déployées dans la ville. Un équipage repère un véhicule pouvant correspondre à la description « à l’entrée du Bois bourgeois, à la lisière de la forêt« . Les policiers attendent des renforts avant d’intervenir en raison de la présence signalée d’individus armés. Lorsque les forces de l’ordre s’approchent finalement du véhicule, celui-ci est abandonné. La victime apparaît alors à proximité. « Il a la particularité d’avoir les mains ligotées devant avec du collier de serrage type serflex« , indique le procureur. Le jeune homme présente « quelques traces de blessures assez légères » à la tête et est transporté à l’Hôpital Nord-Franche-Comté. Sa découverte intervient « peu avant une heure du matin », soit environ une heure après le début des faits.

Ouverture d’une enquête et découverte d’une arme

Dans la nuit, le parquet ouvre « une enquête de flagrance du chef d’enlèvement séquestration en bande organisée et d’association de malfaiteurs« . L’enquête est confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée du Doubs.

Le lendemain matin, les enquêteurs se rendent au domicile de la victime. « Compte tenu du mode opératoire qui fait penser très clairement à un règlement de compte sur fond de possible narcotrafic, nous avons procédé à une perquisition« , explique Paul-Edouard Lallois. Les policiers découvrent dans la chambre du jeune homme « une arme de poing de type magnum 357 approvisionnée« .

À la suite de cette découverte, la victime est placée en garde à vue pour détention d’arme de catégorie B. « Ce jeune homme a évidemment assez peu apprécié d’être placé en garde à vue alors qu’il venait d’être victime d’un court enlèvement« , précise le procureur. L’intéressé affirme avoir acquis l’arme « pour se défendre compte tenu de ce qui lui était arrivé au cours de la nuit« , des déclarations jugées « évidemment sujettes à caution« .

Le jeune homme, connu de la justice pour « une simple détention de produits stupéfiants » et des faits de dégradation, affirme ne pas comprendre les raisons de l’enlèvement et déclare ne pas être impliqué dans un trafic de stupéfiants.

Des investigations en cours

Les malfaiteurs ont abandonné sur place le véhicule utilisé, « un véhicule volé en région lyonnaise« , ainsi que plusieurs objets, dont un téléphone portable. Des expertises techniques et ADN ont été ordonnées pour tenter d’identifier les auteurs. L’enquête se poursuit désormais pour enlèvement et séquestration en bande organisée, association de malfaiteurs et détention d’arme de catégorie B.

Un contexte de violences liées au narcotrafic

Pour le Procureur, cette affaire s’inscrit dans un contexte de violences liées au narcotrafic observées récemment dans le Pays de Montbéliard. « On a dénombré en 18 mois cinq règlements de comptes entre l’automne 2024 et le 31 décembre 2025« , rappelle Paul-Edouard Lallois, dont quatre en 2025 ayant entraîné la mort d’un homme ou des blessures par balle. Il évoque « des commandos de très souvent jeunes individus, très souvent lourdement armés, avec un mode opératoire très désinhibé« . Selon lui, cette affaire présente des caractéristiques similaires, avec « des modes opératoires assez peu maîtrisés, mais de jeunes individus sans doute recrutés spécifiquement pour exécuter des contrats sur fond de narco-banditisme« .

Les investigations se poursuivent afin d’identifier les auteurs de l’enlèvement et de déterminer précisément les circonstances de cette affaire.

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