Un drame s’est produit ce mardi 3 février 2026 dans un pavillon à Bethoncourt. Une femme de 61 ans a été retrouvée morte à son domicile, à la suite d’un incendie circonscrit à sa chambre. Le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, nous a apporté de nombreux éléments sur les circonstances du décès.
Une situation familiale et personnelle fragile
La victime vivait dans ce pavillon avec son père âgé de 91 ans. La maison se composait d’un rez-de-chaussée et d’un étage. Le père occupait le rez-de-chaussée et bénéficiait de l’intervention régulière d’un assistant de vie, notamment pour le ménage et les courses. Sa fille vivait seule à l’étage. Selon le procureur, « les conditions de vie de la fille vivant seule à l’étage semblaient manifestement poser quelques difficultés en termes d’autonomie« , une situation qui avait récemment conduit les services à envisager la mise en œuvre d’une mesure de protection, encore à un stade très précoce.
Le père était hospitalisé depuis jeudi dernier à l’hôpital Nord Franche-Comté en raison de son âge avancé. La sexagénaire n’était toutefois pas totalement isolée. Un oncle lui rendait visite régulièrement et s’était encore déplacé la veille, sans relever d’anomalie particulière.
La découverte du corps et les premières constatations
La découverte du corps a eu lieu ce mardi après-midi. L’oncle est revenu au domicile aux environs de 15h00-15h30. De l’extérieur, aucun signe ne laissait présager un sinistre. « Pas de notion d’incendie ni de fumée visible depuis l’extérieur., une maison en apparence tout à fait normale« , a précisé Paul-Edouard Lallois. En entrant, l’homme a cependant senti une forte odeur de fumée. En montant à l’étage, il a constaté une présence massive de suie recouvrant l’ensemble du sol. La porte de la chambre était fermée mais non verrouillée. À l’intérieur, il a découvert le corps de sa nièce, allongé sur le lit.
La chambre présentait d’importants dégâts, avec une partie brûlée et une très grande quantité de suie sur le mobilier. De nombreux objets, dont du mobilier en bois et des bouteilles de parfum, n’avaient toutefois pas pris feu. Une situation jugée « très étonnante » par le procureur, mais expliquée par un manque d’oxygène. « La chambre étant suffisamment calfeutrée, il n’y a pas eu assez d’oxygène pour permettre à l’incendie de se propager« , a-t-il indiqué, soulignant que cela avait évité que l’ensemble de la maison, ainsi que l’habitation mitoyenne, ne prennent feu.
Une origine accidentelle privilégiée, des examens à venir
Les constatations ont été menées sur place par les gendarmes, en présence du procureur et du médecin de famille, qui a officiellement constaté le décès. Les techniciens en identification criminelle ont ensuite procédé aux investigations approfondies. Il en ressort que le feu aurait démarré « dans un coin de cette chambre, au niveau de la lampe de chevet« .
À ce stade, l’origine exacte de l’incendie n’est pas formellement établie. Néanmoins, la piste accidentelle est privilégiée. Le procureur a indiqué que la victime était consommatrice de tabac et d’alcool en quantité importante, avec la présence de nombreuses bouteilles, notamment de vin, dans la chambre et à l’étage. « Ce qui nous apparaît le plus plausible, c’est un départ de feu accidentel avec vraisemblablement un mégot de cigarette au niveau de cette table de chevet« , a déclaré Paul-Edouard Lallois, évoquant la possibilité que « sous l’effet d’une consommation d’alcool, elle ne se soit pas rendu compte que ça commençait à brûler« .
L’hypothèse principale reste celle d’une intoxication rapide par les fumées. « L’hypothèse qui m’apparaît la plus vraisemblable est une intoxication par les fumées rapidement générée« , a précisé le procureur. Le corps a commencé à brûler au niveau de la tête et du haut du tronc, le reste du corps étant atteint sans être entièrement calciné. L’incendie ne s’est pas propagé au reste de la chambre, ni à l’habitation. Les premiers éléments de l’environnement familial indiquent que la victime sortait très peu de sa chambre, vivait la plupart du temps dans son lit et se trouvait dans une situation de précarité notable.
Une autopsie a été ordonnée et doit être réalisée dans les prochains jours à l’Institut médico-légal de Besançon, accompagnée d’analyses toxicologiques. Elles devront notamment confirmer que le décès est lié à une intoxication par les fumées avant l’atteinte par les flammes. « Aucune notion évidemment d’intervention d’un tiers« , a insisté le procureur, précisant qu’il n’y avait « pas de danger imminent pour l’extérieur, ni pour la maison mitoyenne« . L’enquête se poursuit dans le cadre d’une recherche des causes du décès. Elle est toutefois d’ores et déjà décrite comme bien avancée, dans l’attente des résultats médico-légaux.
