Mercosur : le Département du Doubs refuse les produits ne respectant pas les standards européens dans les cantines des collèges

Conseil département du Département du Doubs de Besançon (photo ToutMontbeliard.com)

Face à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le Département du Doubs affirme une position claire en matière de restauration scolaire. La collectivité souhaite garantir une cohérence entre les exigences imposées aux agriculteurs français et européens et les produits servis dans les cantines des collèges publics, tout en répondant aux attentes des familles.

Le Département estime que cet accord fait peser des risques importants sur l’agriculture française et européenne, notamment en raison d’une concurrence jugée déloyale, de différences de normes sanitaires, environnementales et sociales, ainsi que d’une fragilisation des filières d’élevage et d’une remise en cause de la souveraineté alimentaire. Dans ce contexte, la présidente du Département du Doubs, Christine Bouquin, indique que la collectivité refuse une logique consistant à demander toujours plus d’efforts aux agriculteurs tout en acceptant, dans les assiettes des collégiens, des produits issus de filières ne respectant pas les mêmes règles.

Des critères stricts pour la restauration scolaire

Concrètement, le Département du Doubs annonce que, dans les restaurants scolaires des collèges publics, aucun produit alimentaire ne sera acheté s’il ne respecte pas strictement les standards sanitaires, environnementaux et sociaux français et européens. Les produits provenant de filières ne répondant pas à ces exigences ne seront pas retenus dans les approvisionnements. Ce choix concerne un volume significatif pour le territoire. Chaque année scolaire, environ 1,9 million de repas sont servis dans les collèges publics du Doubs. Le budget consacré à l’achat de denrées alimentaires atteint 5,3 millions d’euros par an. Le Département précise également qu’au moins un repas par semaine intègre trois composantes issues de productions locales.

Une politique alimentaire déjà engagée dans le Doubs

Cette position s’inscrit dans une politique alimentaire menée de longue date par le Département. Celle-ci repose sur des actions concrètes et opérationnelles, parmi lesquelles le lancement, au 1er janvier 2026, d’un groupement d’achats territorialisés, la démarche Au pré de l’assiette, ainsi que la plateforme Agrilocal, qui facilite les liens directs entre les producteurs locaux et la restauration collective. Selon la collectivité, ces dispositifs permettent de structurer l’approvisionnement local, de sécuriser des débouchés pour les agriculteurs du Doubs et d’augmenter durablement la part de produits locaux et de qualité dans les repas servis aux collégiens. Par cette décision, le Département entend soutenir concrètement l’agriculture locale, défendre un modèle agricole exigeant et responsable, garantir une alimentation saine, traçable et de qualité aux élèves, et affirmer une vision cohérente de la transition alimentaire.

Enfin, le Département du Doubs appelle l’État et l’Union européenne à renoncer à la ratification de l’accord UE–Mercosur et à construire une politique commerciale compatible avec les exigences imposées au monde agricole et les objectifs de souveraineté alimentaire. Pour la collectivité, l’alimentation dans le Doubs constitue un choix politique, éducatif et territorial.

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