Matthieu Bloch, Député UDR de la 3ème circonscription du Doubs, communique :
« La validation par le gouvernement de la vente de LMB Aerospace à un groupe américain, contre l’avis de la Direction générale de l’armement, constitue un acte grave et lourd de conséquences pour notre souveraineté industrielle et militaire. LMB Aerospace n’est pas une entreprise comme une autre. Elle participe directement à des programmes critiques pour nos forces armées, pour l’aéronautique de défense et pour la dissuasion. Autoriser sa cession à un acteur étranger, sans débat public et en dépit des alertes de l’autorité militaire compétente, revient à affaiblir volontairement notre autonomie stratégique.
Cette décision est d’autant plus incompréhensible qu’elle entre en contradiction flagrante avec les discours d’Emmanuel Macron, qui multiplie les déclarations en faveur d’une autonomie stratégique européenne, tout en acceptant dans les faits une dépendance accrue vis-à vis des États-Unis dans les secteurs les plus sensibles. À quoi servent les grandes proclamations si, dans le même temps, la France se dessaisit de ses propres outils industriels de défense ?
Le cynisme du pouvoir atteint son comble lorsque le Premier ministre, Sébastien Lecornu, se permet de donner des leçons de gaullisme à l’opposition, allant jusqu’à affirmer que la censure du budget serait une atteinte aux capacités de défense nationale. Comment prétendre défendre l’outil militaire français quand on brade en catimini des entreprises stratégiques, contre l’avis de la DGA elle-même ? La défense nationale ne peut pas être invoquée comme un slogan quand cela arrange le gouvernement, puis sacrifiée dans les faits au nom d’une idéologie du marché et d’un alignement systématique sur les intérêts étrangers.
En tant que secrétaire de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, je demande : la transparence totale sur les conditions et les motivations de cette vente, l’audition des ministres concernés devant la représentation nationale, et une remise à plat immédiate de la doctrine française en matière de protection des actifs stratégiques de défense. La souveraineté ne se proclame pas. Elle se garantit« .
