L’intérêt des missions, la rémunération ou encore l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle figurent parmi les principaux critères pris en compte par les cadres lorsqu’ils envisagent une nouvelle opportunité professionnelle. Mais au-delà de ces éléments, le lien au territoire joue un rôle déterminant dans les parcours et les décisions de mobilité. Une récente étude met en lumière l’importance de l’ancrage régional et les différences marquées entre les cadres d’Île-de-France et ceux des autres régions.
Un attachement territorial plus fort hors Île-de-France
Lorsqu’ils réfléchissent à une mobilité professionnelle, les cadres travaillant en dehors de l’Île-de-France se montrent très majoritairement attachés à leur région. En 2024, 78 % d’entre eux déclarent être attachés à leur territoire de travail, dont 41 % très attachés. À l’inverse, cet attachement apparaît plus modéré chez les cadres franciliens, avec 49 % se disant attachés à leur région, dont seulement 18 % très attachés.
Certaines régions se distinguent par un sentiment d’appartenance particulièrement élevé. En Bretagne, 90 % des cadres se déclarent attachés à leur région, dont 61 % très attachés. L’Occitanie affiche également un fort niveau d’attachement avec 81 %, tout comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse, ou encore la Normandie, autour de 79 %.
Dans les régions situées à proximité de l’Île-de-France, l’attachement reste significatif, bien que légèrement inférieur. En Bourgogne-Franche-Comté, 69 % des cadres se disent attachés à leur région, tandis qu’ils sont 64 % en Centre-Val de Loire.
S’adapter plutôt que partir malgré un marché de l’emploi restreint
Même lorsque le marché de l’emploi local offre moins d’opportunités, les cadres hors Île-de-France privilégient majoritairement la stabilité géographique. Les perspectives professionnelles plus nombreuses en Île-de-France ne suffisent pas toujours à les inciter à quitter leur région. Le lien au territoire l’emporte souvent sur l’attractivité d’un bassin d’emploi plus dynamique.
Cet attachement se traduit par une plus grande disposition à faire des concessions afin de rester dans la région. Ainsi, 81 % des cadres hors Île-de-France se disent prêts à changer de secteur d’activité, contre 70 % en Île-de-France. Ils sont également plus nombreux à envisager un changement de métier ou une évolution de leurs responsabilités. La concession la moins envisagée reste la baisse de rémunération, même si 29 % des cadres hors Île-de-France accepteraient une réduction salariale de 10 %, contre 17 % des cadres franciliens. Le coût de la vie plus élevé en Île-de-France, notamment en matière de logement, contribue à expliquer cet écart.
Au total, 90 % des cadres se déclarent prêts à consentir au moins une concession pour continuer à travailler dans leur région.
Des jeunes cadres franciliens plus enclins à la mobilité interrégionale
En Île-de-France, l’attachement au territoire prend une forme différente. En cas de changement d’entreprise, 56 % des cadres franciliens envisageraient de chercher un emploi en dehors de leur région actuelle, une proportion qui tombe à 40 % dans les autres régions. Cette intention est encore plus marquée chez les moins de 35 ans, avec 62 % exprimant une volonté de mobilité.
Cette tendance s’explique en partie par le fait que de nombreux jeunes cadres ne sont pas originaires d’Île-de-France. La région constitue souvent un passage clé pour accéder à un premier emploi et acquérir une première expérience professionnelle. Une fois cette étape franchie, certains expriment le souhait de se rapprocher de leur région d’origine ou de rechercher un nouveau cadre de vie.
Malgré cette appétence pour la mobilité, une grande partie des cadres franciliens choisissent de rester en Île-de-France en raison des nombreuses opportunités d’emploi. Près de 89 % d’entre eux estiment que les perspectives professionnelles constituent un point fort de la région, contre 41 % en moyenne dans les autres territoires.
Cette étude souligne ainsi le rôle central de l’ancrage territorial dans les choix professionnels des cadres. Si les cadres hors Île-de-France privilégient largement la stabilité géographique, quitte à faire des concessions, les cadres franciliens, et en particulier les plus jeunes, apparaissent plus enclins à envisager une mobilité interrégionale. L’Île-de-France se distingue alors comme un territoire souvent perçu comme un tremplin dans les parcours professionnels.
Méthodologie
Cette publication repose sur une surexploitation d’une enquête menée en septembre et octobre 2024 auprès d’un échantillon national de 8 500 cadres du secteur privé, travaillant dans l’ensemble des régions hexagonales. L’enquête a donné lieu à des déclinaisons régionales publiées en 2025, disponibles sur le site corporate.apec.fr, portant sur l’opinion des cadres en matière de mobilité professionnelle.
