Le saviez-vous : « 1283, l’année de la création de la Commune de Montbéliard »

(photo Abode Stock / ShadowHero)

« Un peu de culture régionale cela ne peut pas faire de mal », telle pourrait être la devise de nos articles « Le saviez-vous »

Dans le début de la seconde moitié du XIIIème siècle le contexte politique dans le Comté de Montbéliard est le suivant : Le Comte Thierry III de la lignée des Montfaucon (1) dit le Grand Baron y règne d’une main de fer. C’est le type même du seigneur du Moyen-Age c’est à dire batailleur, querelleur, violent, pillard à l’occasion. Il est capable de tout pour faire reconnaître ou étendre ses droits ou prétentions au détriment de ses voisins. Il est aussi celui qui met fin à l’indépendance du Comté de Montbéliard en se reconnaissant le vassal de Rodolphe de Habsbourg Empereur du Saint Empire Romain Germanique (SERG). Cette dernière décision fut nécessaire d’être prise car à cette époque faite de troubles et de violences généralisées, le secours d’ un puissant protecteur était nécessaire pour assurer sa survie physique et surtout politique.

Sentant sa fin venir le Comte Thierry est préoccupé de laisser son Comté de Montbéliard dans des mains capables de le défendre. Ayant eu la malchance de perdre son fils unique aux croisades, il choisit pour héritière sa petite-fille Guillemette de Neuchâtel-Outre-Jura (2). Cette dernière est fiancée au vaillant Renaud de Bourgogne fils d’Hugues de Châlon. Le Comte Thierry III meurt en 1282 laissant de sa vie faite de violences et de pillages la belle initiative d’avoir créé en 1249 l’Hôpital de Montbéliard .

Renaud devint donc après la mort de son beau-père le Comte Thierry III en 1282 le nouveau souverain du Comté de Montbéliard. Comme son beau-père il avait malheureusement tous les défauts de sa caste aristocratique. Hardi, aventureux dur à lui-même et aux autres. Il trouve sa «capitale» Montbéliard qui certainement à la suite de guerres ou d’autres calamités dont la nature ne nous est pas parvenue qui a énormément perdu de son importance économique et démographique. Cette «ville» si l’on peut encore la qualifier de la sorte ne compte plus alors qu’un petit nombre de maisons groupées autour de son château.

Le nouveau comte veut mettre un terme à cette situation déplorable. Il lui faut relancer au plus vite l’économie de la ville de Montbéliard de sorte que la population urbaine puisse se développer à nouveau . De plus il a un besoin pressant d’argent liquide. Alors que faire pour faire d’une pierre deux coups comme le dit l’expression populaire ? Il a alors l’intelligence d’envisager la chose suivante : avec l’assentiment de son épouse Guillemette il fait rédiger un acte d’ affranchissement des habitants de la ville de Montbéliard. Ce document leur accorde des franchises très étendues.

C’est donc courant mai 1283 que le Comte Renaud et son épouse Guillemette érigèrent en «Commune» la ville de Montbéliard. C’est au prix de 1000 livres qu’il vendirent aux bourgeois de Montbéliard les franchises auxquelles ces derniers s’attachèrent si fort à juste titre au cours des siècles. Il faut reconnaître en toute justice au Comte Renaud que les droits accordés furent très larges par rapport à ce qui se faisait ailleurs par exemple dans la Comté de Bourgogne (future Franche-Comté).

C’est de cette époque que date le commencement de la prospérité de la ville de Montbéliard. A l’abri des nouvelles franchises communales l’artisanat ainsi que le commerce purent enfin naître et prospérer permettant à la population de s’accroître rapidement et plus tard à l’industrie de s’implanter avec le succès que nous connaissons. Le Comte Renaud laissait au moins de sa vie de prince guerroyeur et violent une œuvre très utile pour les générations futures du Comté de Montbéliard. Dans le prochain article nous verrons en détail en quoi consistaient ces franchises.

Lexique : (1) La Maison de Montfaucon était une puissante famille du Comté de Bourgogne (future Franche-Comté) dont les ruines de la forteresse en cours de restauration sont visibles proches et dominant Besançon.
(2) Ne pas confondre Neuchâtel-Outre-Jura devenue Neuchâtel capitale du Canton suisse du même nom avec la maison de Neuchâtel-en-Bourgogne dont la forteresse s’élevait dans le village qui s’appelle de nos jours Neuchâtel-Urtière entre Vermondans et Dambelin.

Article de Jean-Claude Périat pour ToutMontbeliard.com

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