Matthieu Bloch : « Lignes ferroviaires transfrontalières avec la Suisse »

Matthieu Bloch, Député UDR de la 3ème circonscription du Doubs, a posé une question orale au Gouvernement à Philippe Tabarot , Ministre des Transports :

« Monsieur le Ministre,

Les lignes ferroviaires transfrontalières entre la France et la Suisse ne sont pas seulement des infrastructures de transport : ce sont des outils stratégiques pour l’avenir du Doubs et du Nord Franche-Comté. Elles sont essentielles pour les milliers de travailleurs frontaliers qui, chaque jour, subissent les bouchons dans les vallées du Doubs, du Jura et de Neuchâtel. Elles sont tout aussi indispensables pour l’alimentation de nos lignes à grande vitesse, dont elles renforcent l’attractivité et la performance.

S’agissant d’un territoire industriel majeur et profondément tourné vers la Suisse, nous avons besoin d’un réseau ferroviaire fiable, cadencé, et à la hauteur des attentes de nos partenaires. Et c’est précisément sur ce point que l’incompréhension grandit.

L’annonce de la suppression de la liaison directe Belfort–Montbéliard–Bienne dès décembre prochain, alors même que nos partenaires suisses défendent un développement ambitieux dans le cadre du projet Convergence 2026, ne peut être perçue que comme un recul. Les Suisses proposent un cadencement à la demi-heure jusqu’à Belfort-Ville. Ils apportent des financements. Ils investissent dans la modernisation. Ils tiennent leurs engagements. La France doit tenir les siens.

La réouverture Belfort–Delle, mise en service en 2018, a représenté 110 millions d’euros d’investissements, dont près de 25 millions par la Confédération suisse et plus de 3 millions par le Canton du Jura. Si nos voisins ont mis de l’argent sur la table, ce n’est pas pour réduire les ambitions sept ans plus tard, mais pour consolider une véritable porte d’entrée ferroviaire vers la Suisse.

De même, la ligne Neuchâtel–Frasne connaît une hausse de fréquentation remarquable depuis 2020. Alors que la Suisse investit et modernise son côté, l’enjeu pour la France est clair : garantir des correspondances TGV fiables et maintenir une infrastructure au niveau attendu. La crédibilité de la France dépend de cette réciprocité.

Sur la ligne des Horlogers, les avancées sont reconnues par nos partenaires. Mais une demande précise reste insatisfaite : une desserte en fin de journée, vers 18h, depuis La Chaux-de-Fonds. Pour les travailleurs frontaliers, c’est un besoin concret, simple, légitime. Pour la France, c’est un geste de cohérence envers un partenaire exemplaire.

Monsieur le Ministre, la Région Bourgogne–Franche-Comté est l’autorité organisatrice. Mais elle ne peut pas ignorer les attentes suisses, ni la dynamique transfrontalière qu’elle prétend soutenir. Comment comprendre que la majorité socialiste régionale, si prompte à donner des leçons d’écologie, manifeste si peu d’intérêt pour ces liaisons ferroviaires pourtant parmi les plus efficaces en matière de mobilité durable ?

C’est pourquoi l’État doit non seulement accompagner, mais mettre une pression politique forte pour que la Région respecte pleinement la déclaration d’intention signée le 11 février 2025 avec la Suisse. Cette déclaration engage la France. Elle engage la Région. Elle engage l’avenir de nos territoires.

Monsieur le Ministre, je vous demande aujourd’hui des garanties claires : sur la continuité de la liaison Belfort-Montbéliard-Bienne ; sur les investissements nécessaires pour sécuriser la ligne Neuchâtel–Frasne et ses correspondances TGV ; sur le renforcement de l’offre sur la ligne des Horlogers.

Au-delà de l’offre de transport, il s’agit de la crédibilité internationale de la France, du respect de nos engagements vis-à-vis de nos partenaires suisses et de l’avenir ferroviaire d’un territoire frontalier stratégique.

Je vous remercie« .

infos > vidéo Youtube « QUESTION ORALE SANS DÉBAT : LIAISONS FERROVIAIRES FRANCO-SUISSES »

SOUTENEZ TOUTMONTBELIARD.COM

ABONNEZ-VOUS