Les services des douanes de Besançon ont procédé dimanche 16 novembre 2025, peu après 13h00, à un contrôle sur l’autoroute A36 qui s’est rapidement transformé en saisie exceptionnelle. Les agents, en patrouille sur l’autoroute, demandent à un ensemble routier polonais de les suivre jusqu’à l’aire de la Combe Fougères, entre Besançon et Montbéliard, près de Clerval à 50km de Montbéliard. Selon le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Edouard Lallois, il s’agissait au départ « d’un contrôle on ne peut plus classique« . Le chauffeur, un homme de nationalité ukrainienne, éprouve des difficultés à manœuvrer. Il déclare souffrir de douleurs articulaires. Ce comportement attire néanmoins l’attention des douaniers.
Une ligne de mastic qui révèle un aménagement clandestin
L’inspection se concentre sur la remorque frigorifique, officiellement chargée de palettes de bicarbonate de soude. Les agents remarquent une ligne de mastic blanc qui traverse le plafond. Ce détail inhabituel les pousse à ouvrir la zone suspecte. Ils découvrent alors un faux plafond abritant plusieurs caisses fixées entre elles par des sangles. Face à l’ampleur du dispositif, le camion est transféré dans les locaux des douanes à Besançon pour une fouille intégrale.
Une quantité « astronomique » de stupéfiants
Lors du démontage, les caisses révèlent des plaquettes thermosoudées contenant « une substance marron sentant fortement la résine de cannabis« , et « une poudre blanche réagissant positivement à la cocaïne« , détaille le Procureur Lallois. Le bilan est « exceptionnel », s’exclame Paul-Edouard Lallois : « 206 kilos de résine de cannabis et 47,36 kilos de cocaïne« , et parle d’ »une quantité astronomique« , précisant qu’il s’agit de la plus importante saisie réalisée sur le ressort de Montbéliard en 2024 et depuis le début de l’année 2025. La valeur marchande estimée dépasse 4,5 millions d’euros.
Un chauffeur qui nie toute connaissance de la cargaison
Le conducteur, né en 1976 en Ukraine et résidant en Pologne, est placé en retenue douanière puis en garde à vue. Il affirme « ignorer totalement l’existence du faux plafond et déclare qu’il ne savait pas que la remorque transportait des stupéfiants », explique le Procureur. Selon ses explications, il travaille depuis un mois pour une société polonaise, effectue des trajets en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, au Portugal et en France, et revenait récemment du secteur de Barcelone. Il indique avoir chargé la marchandise déclarée dans le secteur de Lyon avant de prendre la route vers l’Allemagne, recevant par SMS les adresses exactes de livraison. Le Procureur Lallois précise que l’individu « n’est connu d’aucun service en France ni dans les autres États de l’Union européenne« .
Garde à vue prolongée et investigations en cours
Les enquêteurs exploitent actuellement le téléphone portable du chauffeur ainsi que le disque chrono tachygraphe du camion, outils essentiels pour retracer ses trajets et ses arrêts. La garde à vue a été prolongée au-delà du délai de droit commun. Le Procureur rappelle que, « dans un dossier de trafic international, elle peut atteindre quatre jours« . Un défèrement est envisagé prochainement en vue d’une possible comparution immédiate. L’ensemble routier a été saisi.
Un axe autoroutier une nouvelle fois au cœur des trafics
Selon le Procureur Paul-Edoudard Lallois : « Cette saisie s’inscrit dans une série d’interceptions importantes réalisées cette année sur l’A36, un axe souvent utilisé par des transporteurs étrangers pour acheminer de grandes quantités de stupéfiants destinées à plusieurs pays européens. Dans ce cas précis, la marchandise semblait destinée au marché allemand, même si des cargaisons interceptées sur ce même axe visent régulièrement le marché français« . Les infractions reprochées au chauffeur portent sur l’importation, la détention et le transport de produits stupéfiants ainsi que sur des infractions douanières liées à la contrebande. Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement.

