L’enquête ouverte après l’agression d’un policier municipal de Voujeaucourt, survenue vendredi dernier (notre info « Voujeaucourt : un policier municipal agressé« ), a rapidement permis d’identifier et d’interpeller deux suspects. Le Procureur de la République de Montbéliard, Paul-Édouard Lallois, nous fait un point complet sur cette affaire.
Les faits survenus vendredi à Voujeaucourt
Vendredi 7 novembre 2025 vers 15h30, un policier municipal de Voujeaucourt, en patrouille dans le secteur du cimetière, avait remarqué un véhicule Peugeot 206 avec trois occupants. Alors qu’il poursuivait sa ronde, deux hommes visiblement alcoolisés, accompagnés d’une jeune femme, se sont dirigés vers lui. « Le plus jeune des deux individus a commencé à crier et a frappé contre le véhicule de service avec une bouteille en plastique contenant du vin« , a expliqué le procureur.
Le policier est alors descendu de son véhicule. Les deux hommes l’ont insulté et agressé physiquement. « Le policier municipal a été roué de coups pendant plusieurs minutes, tandis que la jeune femme tentait de s’interposer« , a indiqué Paul-Édouard Lallois. Les agresseurs ont ensuite pris la fuite à bord de la Peugeot 206, conduite par un troisième individu.
Une enquête menée avec rapidité
La plaque d’immatriculation notée par le policier s’est révélée déterminante. « À partir de ce seul élément, les gendarmes de Bavans ont pu identifier le propriétaire du véhicule, puis remonter jusqu’aux agresseurs« , a précisé le procureur. Le véhicule a été retrouvé à Beaucourt, dans le Territoire de Belfort, et sa saisie a permis d’attirer l’attention de son propriétaire, qui s’est présenté de lui-même aux gendarmes.
Celui-ci a confirmé avoir hébergé à Beaucourt deux hommes correspondant à la description des agresseurs, un père et son fils. L’enquête a établi qu’ils étaient venus chercher le père à la sortie de la maison d’arrêt de Besançon, le matin même des faits, avant de consommer de l’alcool et de se rendre à Voujeaucourt.
Deux hommes défavorablement connus de la justice
Les deux agresseurs ont été identifiés comme Franck A., le père, et son fils. « Franck A. est connu très défavorablement de nos services : il a été condamné 26 fois depuis la fin des années 1990« , a déclaré Paul-Édouard Lallois. Il avait récemment purgé une peine de neuf mois de prison à Besançon et faisait l’objet d’une interdiction de paraître dans le département du Doubs. Son fils, âgé d’une vingtaine d’années, compte déjà « dix condamnations pour violences aggravées et vols aggravés« . Les deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue, et s’est poursuivit jusqu’à ce vendredi matin, avant leur présentation au parquet.
Vers une comparution immédiate
Le parquet de Montbéliard a prévu de poursuivre le père et le fils en comparution immédiate. « Ils seront jugés pour violences en réunion et en état d’ivresse manifeste sur une personne dépositaire de l’autorité publique. Le père sera également poursuivi pour violation de son interdiction de séjour« , a indiqué Paul-Édouard Lallois. Le parquet requiert leur placement en détention provisoire, en dehors du ressort de Montbéliard.
Le policier municipal a reconnu formellement ses agresseurs. Il souffre de blessures légères à la tête et à la jambe, avec une incapacité totale de travail de deux jours. Le procureur a salué « l’extrême rapidité » de l’enquête et « la remarquable efficacité des gendarmes de Bavans« .
« Je n’hésite pas à parler d’une agression sauvage et gratuite, totalement intolérable à l’encontre de ce policier municipal« , a conclu Paul-Édouard Lallois, ajoutant que « la réponse du parquet sera d’une particulière fermeté et sévérité à la hauteur de la sauvagerie de ces actes« .

