Paul-Edouard Lallois, Procureur de la République de Montbéliard, fait un point à ToutMontbeliard.com sur l’enquête ouverte à la suite d’une altercation survenue le 30 juillet 2025 impliquant Christophe Froppier, Adjoint au Maire de Montbéliard (notre info « Un Adjoint au Maire de Montbéliard violemment agressé en centre-ville« ). « J’ai ouvert une enquête à la suite de la prise en charge par les sapeurs-pompiers de Christophe Froppier peu après 16h30 ce 30 juillet 2025« , nous explique-t-il, précisant avoir initialement retenu l’infraction de « violence sur un élu », permettant le placement en garde à vue du mis en cause. « Sans cette circonstance d’élu, les faits de violence qui n’entraînent pas d’incapacité totale de travail ou une ITT n’excédant pas 8 jours sont juridiquement une contravention« , a-t-il précisé.
L’enquête a cependant démontré que « la qualité d’élu de Christophe Froppier n’a à aucun moment été évoquée » durant l’incident. Le différend a éclaté alors que M. Froppier, à pied, faisait remarquer à un usager de trottinette qu’il roulait sur le trottoir, ce qui est interdit. « L’individu est revenu en courant en direction de M. Froppier pour s’expliquer avec lui sur les propos que ce dernier venait de lui tenir« , relate Paul-Edouard Lallois.
Les deux parties ont donné des versions divergentes. Christophe Froppier a affirmé avoir reçu un coup de poing au nez, avant d’avoir été projeté au sol. Le mis en cause, lui, a reconnu être revenu pour dialoguer, mais conteste avoir frappé. Il affirme avoir seulement repoussé un pied tendu par Christophe Froppier, geste qu’il a perçu comme une tentative de coup de pied.
Les vidéos de surveillance n’ont pas permis de trancher cette divergence : « On voit bien le mis en cause arriver à pied à vive allure en direction de M. Froppier et tomber sur ce dernier, le faisant chuter lourdement au sol« , précise le Procureur. En revanche, ni le coup de poing allégué, ni le geste de défense n’apparaissent à l’image.
Christophe Froppier est sorti de l’hôpital le soir même, « son certificat médical ne mentionnant aucune ITT« , mais « une contusion au niveau du nez et des lésions sur le dos compatibles avec cette chute » ont été constatées. Le Procureur ajoute que « les dépistages alcool et stupéfiants sur le mis en cause se sont révélés négatifs« . Une prise de sang a également été effectuée sur Christophe Froppier pour mesurer son alcoolémie, mais « le taux d’alcoolisation n’aurait aucune incidence juridique sur les faits« , précise-t-il.
« Les faits tels que je les analyse à l’issue des investigations constituent en effet incontestablement un acte de violence« , estime Paul-Edouard Lallois. Même sans intention manifeste de blesser, « le seul fait de courir en direction de M. Froppier et de le faire chuter constitue une violence volontaire« .
En l’absence de circonstance aggravante liée à la qualité d’élu, l’infraction retenue est celle de « violence n’ayant pas entraîné d’ITT », une contravention de 4ème classe, passible d’une amende maximale de 750 €. « J’ai donc choisi de poursuivre ce dernier pour cette infraction contraventionnelle« , annonce le Procureur. Il a requis une ordonnance pénale à l’encontre du mis en cause, qui sera notifiée le 7 novembre 2025.
L’homme mis en cause est un ressortissant afghan de 30 ans, en situation régulière, arrivé en France en 2018. « Il a travaillé pendant 3 ans à Stellantis Sochaux, est inconnu de nos services et bénéficie d’un titre de séjour valable jusqu’en août 2026« , détaille Paul-Edouard Lallois. Il précise enfin : « Ma décision de poursuite pénale permettra à l’autorité préfectorale de ne pas renouveler son titre de séjour« , en réponse à une réaction du Député Matthieu Bloch (notre info « Matthieu Bloch : demande d’expulsion immédiate de l’agresseur de Christophe Froppier« ).


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