Martial Bourquin : 10 000 € pour Gaza, « fier qu’Audincourt soit une ville humaniste »

Martial Bourquin (photo Ville d'Audincourt)

Martial Bourquin, Maire d’Audincourt, réagit à notre article « Géraldine Grangier : « Audincourt, 10 000 € pour Gaza, la gauche sacrifie la neutralité humanitaire sur l’autel de ses obsessions idéologiques » » :

« À lire la tribune de l’élue du Rassemblement national, on se dit qu’avec eux, même une aide d’urgence à des civils en détresse devient prétexte à polémique. Soyons clairs : nous sommes fiers. Fiers que le Conseil Municipal d’Audincourt, à l’unanimité, ait fait un choix humanitaire, pas un choix politique. Fiers de reverser à Médecins du Monde – ONG neutre et reconnue – une partie des sommes non réclamées à l’issue de notre festival Rencontres et Racines, qui célèbre chaque année la diversité et la fraternité. Tout cela, dans la transparence, dans le respect de la loi.

Ce qui se passe à Gaza n’est pas une tragédie lointaine ou abstraite : c’est un génocide, qui se déroule sous nos yeux, dénoncé par l’ONU et par la Cour internationale de Justice. Il ne s’agit pas de soigner des combattants du Hamas – leurs crimes du 7 octobre, atroces, ont d’ailleurs été condamnés sans ambiguïté. Mais ce qui se joue depuis dix-huit mois dépasse de loin toute réponse légitime à une attaque. A Gaza, on soigne des enfants mutilés, des femmes blessées, des vieillards à l’agonie. On soigne au péril de sa vie.

Mais ici, pour l’extrême droite, l’aide humanitaire devient suspecte. La solidarité devient complice. Et pendant qu’on agite les peurs, on s’en prend à l’essentiel : la fraternité, le socle de notre République. Faut-il rappeler que la solidarité internationale fait partie de l’histoire de la France, et de celle d’Audincourt ? Notre ville a toujours su tendre la main, sans jamais renier ses devoirs envers ses habitants : Italie, Ardèche, Turquie, Syrie, Maroc, Belgique, Espagne, Mayotte, La Réunion… Les exemples ne manquent pas.

Opposer les misères, hiérarchiser les détresses : c’est cela, l’indignité. À ceux qui prétendent que nous négligeons « les nôtres », je les invite à lire le budget de la Ville et celui du CCAS. Ils y verront notre engagement pour la santé, la sécurité, l’éducation, ainsi que le soutien constant apporté aux associations caritatives, sportives, culturelles, et aux centres sociaux.

Nous sommes, chaque jour, aux côtés des familles, des jeunes, des seniors, des plus fragiles. La solidarité locale et la solidarité internationale ne s’opposent pas. Elles se répondent. Elles se renforcent. Ce qui est dangereux aujourd’hui, ce n’est pas la main tendue. C’est le repli, l’accusation, la peur de l’autre. Ce qui est idéologique, ce n’est pas d’aider. C’est de refuser de le faire si la victime n’est pas « du bon côté ». C’est à jamais lier le sort d’un enfant, d’un peuple à celui d’un dictateur.

Alors oui, à Audincourt, nous préférerons toujours le geste de solidarité au discours de haine. Nous continuerons à croire en la fraternité, en l’humanité, en une République une et indivisible« .

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