Le conseiller municipal d’opposition de Grand-Charmont, Ismaël Boudjekada, devait être jugé jeudi 3 juillet 2025 par le Tribunal judiciaire de Paris, notamment pour des faits d’apologie du terrorisme. Le procès n’a finalement pas eu lieu, l’avocat de l’élu étant absent pour raisons de santé. L’audience a été reportée au 23 octobre 2025.
Ismaël Boudjekada comparaissait libre après plusieurs semaines de détention provisoire. Il reste néanmoins sous contrôle judiciaire, un contrôle qui a été renforcé en attendant la nouvelle date d’audience. Il lui est notamment interdit d’entrer en contact avec les victimes ou leurs représentants, de quitter le territoire national et d’utiliser le compte sur le réseau social X qui aurait été employé pour commettre les faits reprochés.
L’élu avait été arrêté le 3 mai dernier à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, alors qu’il revenait d’Arabie Saoudite. Inscrit au fichier des personnes recherchées, il faisait l’objet de deux mandats d’arrêt émis dans le cadre d’enquêtes menées par le parquet de Paris.
Figure de l’opposition municipale à Grand-Charmont, Ismaël Boudjekada avait déjà été condamné en première instance en octobre 2024 pour des faits similaires. Le procès à venir en octobre devrait permettre d’éclaircir cette nouvelle procédure.
Ismaël Boudjekada s’est exprimé :
« Maintenant que je suis à nouveau autorisé à m’exprimer sur les réseaux sociaux, je tiens d’abord à adresser un merci immense à toutes celles et tous ceux qui me soutiennent dans cette période d’acharnement inédit. Face à ce que je qualifie sans détour de djihad judiciaire orchestré par les soutiens du génocide en Palestine, votre présence, vos messages et votre mobilisation m’ont tenu debout. Malgré les tentatives grossières d’instrumentalisation de la justice, une première bataille a été remportée : alors qu’un nouveau placement en détention provisoire était réclamé contre moi, le tribunal a reconnu qu’aucun élément ne le justifiait. Preuve que le droit, parfois, résiste à la pression. Je reste pleinement serein à l’approche du jugement au fond prévu le 23 octobre prochain. Car je sais que la vérité finira par percer, malgré les manipulations.
J’en profite pour fustiger les lâches de tous bords – à commencer par LFI du Pays de Montbéliard, qui a cédé aux sirènes de l’extrême droite, sacrifiant la présomption d’innocence sur l’autel de leurs calculs électoralistes. Honte à eux. Ces gens-là salissent LFI chaque jours un peu plus, en tête desquels Brigitte Cottier et son acolyte Christian. J’appelle les uns et les autres à ne jamais oublier Ô combien ils ont bégayé lorsqu’il s’agissait de poser les termes sur ce qui se passe à Gaza. En revanche, je tiens à saluer les sections LFI, CGT et FSU du Nord de la France, de Dijon, les camarades de Grande-Synthe, et les dizaines de milliers de concitoyens qui, partout en France, refusent la criminalisation des voix pro-palestiniennes. Un remerciement tout particulier à Pierre Stambul, président de l’Union des juifs français pour la paix, pour sa prise de position claire et courageuse. Merci aussi à ma famille et à mes collègues élus du groupe de Grand-Charmont pour leur fidélité sans faille.
Je précise que depuis ma sortie de détention, je continue de recevoir des menaces de mort, et que des drones survolent régulièrement mon domicile. Chaque tentative d’intimidation, chaque menace, chaque pression fera désormais systématiquement l’objet d’une procédure. Je ne laisserai rien passer. L’heure n’est plus au silence. Elle est à la résistance« .

